Pièce n°2487
Écrite par Flominou
Explorée par Phiphi
En compagnie de Pinpin
J’ai froid. Il neige. Il fait nuit mais un épais manteau blanc recouvre la rue et réfléchit la lumière émise par les lampadaires. Je suis en train de courir. Où suis-je ? Que se passe-t-il ? J’aimerais m’arrêter mais je ne contrôle pas mes jambes. En fait, je ne contrôle rien. Je ne peux pas tourner la tête. Ni même fermer les yeux. Je dois être en train de rêver. Ou plutôt de faire un cauchemar.
Je continue donc de courir. Enfin, comme ce n’est pas vraiment moi qui décide, je ne sais pas si je peux dire « je ». Il n’empêche que « je » cours. La ville défile sous mes yeux. « Je » m’arrête à chaque intersection, vérifiant à droite et à gauche avant de reprendre la course. « Je » jette régulièrement des coups d’œil aux toits avoisinants. Comme si « je » redoutais quelque chose.
Soudain, « je » aperçois devant, au loin, une foule attroupée dans la rue. « Je » zoome. Qu’est-ce que c’est que ça encore ?! Je ne comprends pas bien mais maintenant je peux voir distinctement une foule qui se trouve à… 1,6 miles de moi. Comment je sais ça ? Comment dire ça… c’est ce qui s’affiche dans mes yeux. Je suis complètement perdue. Que se passe-t-il ??? Ils sont exactement 78. C’est en tout cas ce qui s’affiche également dans mes yeux. Ils portent tous des uniformes de travail mais sont manifestement en grève. Mes yeux affichent en rouge les armes qu’ils portent : AK47, fusil d’assaut, glock, famas, etc. Ou alors, ils sont peut-être en révolution…
« Je » arme une mitraillette. Mais d’où elle sort, celle-là ? Pas le temps d’y réfléchir, « je » saute sur le sol et… glisse ? Oui, je crois bien qu’on peut appeler ça glisser… Je disais donc, « je » glisse à toute vitesse en direction des révoltés. Ça va vite. « je » fais même une pointe à 97 miles par heure. Je ne sais pas à combien de km/h cela correspond mais en ressenti, ça va très, très vite. Le pire, c’est que je ne peux même pas fermer les yeux pour ne pas avoir peur.
Quand ils m’apperçoivent, les révoltés me prennent pour cible. « Je » slalome entre les balles, fonçant toujours plus rapidement dans leur direction. Arrivé à 300 pieds (toujours selon les inscriptions dans mes yeux) des révoltés, « je » sors un lance-roquettes et tire à plusieurs reprises dans la foule. MAIS C’EST QUOI CE BORDEL ?!?!
Des explosions de partout.
« Je » fais un dérapage et me relève, au milieu de la foule. « Je » tire alors dans tous les sens. MAIS ARRÊTEZ CE FOUTU DE MASSACRE !!! Du sang et des corps. De partout. Le manteau neigeux vire au rouge.
Il ne reste plus que quelques hommes debout. L’un d’eux se jette sur moi. « Je » lui plante un couteau dans le cou et le laisse s’effondrer dans la neige. Les autres se mettent en garde. « Je » leur tire une balle dans la tête. MAIS… POURQUOI ??? Je voudrais fermer les yeux et me réveiller dans mon beau lit douillet. Mais je ne peux rien faire d’autre qu’assister à la scène. C’est un cauchemar. Si j’avais le contrôle de mon corps, j’aurais déjà vomi trois ou quatre fois.
Il n’y a désormais plus un bruit sur la place. Seulement des morts.
Soudain, j’entends un craquement derrière moi. « Je » se retourne brusquement et tire, trois fois. Une petite mamie, adossée à une canne, me fixe, les yeux plein de gentillesse mais aussi et surtout d’incompréhension. À ses côtés, deux enfants se tiennent la main et serrent contre leur cœur leur doudou. Le chandail de la mamie et les doudous se maculent de sang. Puis ils tombent tous les trois, raides morts. QU’EST-CE QUE J’AI FAIT ??? MAIS QU’EST-CE QUE J’AI FAIT ??? MAIS PUTAIN DE MERDE QU’EST-CE QUE J’AI FAIT ???
– Fucking French révolutionnaires !
« Je » viens de parler. Ce n’est pas ma voix. Pas du tout. C’est plutôt une voix d’homme, grave et robotique, avec un fort accent britannique. « Je » nettoie mon couteau dans la neige et repart.
En passant devant la vitrine d’un magasin, j’aperçois mon reflet du coin de l’œil. « JE » SUIS LE PINGOUIN QUI FLOTTAIT DANS LE CIEL PENDANT MON BAD TRIP SUR LA TERRASSE OÙ DES CADAVRES DE NOUNOURS DÉCHIQUETÉS SONT TOMBÉS DU CIEL !!!
Le choc est trop violent, je me réveille en sursaut.