Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA ROUTE SUR LE DOS D’UNE FOURMI-LYS GÉANTE
LA ROUTE SUR LE DOS D’UNE FOURMI-LYS GÉANTE

LA ROUTE SUR LE DOS D’UNE FOURMI-LYS GÉANTE

Pièce n°2510
Écrite par Flominou
Explorée par Phiphi

J’ai passé une nuit horrible. Après mon cauchemar, je n’ai pas réussi à me rendormir. Dès que je fermais les yeux, des flashs de violence ou les images du penguin maléfique s’imprimaient à l’intérieur de mes paupières. Aujourd’hui, j’arrive donc au bureau avec des cernes pas possibles.

J’ai trop honte d’apparaître ainsi devant Daniel. Que va-t-il penser de moi ? Il va me trouver moche, c’est sûr. Quelle poisse. Pas le temps de m’apitoyer sur mon sort, on doit déjà partir pour la réunion d’information pour l’organisation de la cérémonie d’inauguration du chantier ferroviaire de la division infrastructure.

Une énorme fourmis nous attend dehors. Quand je dis énorme, je veux dire ÉNORME. Daniel fait à peine la taille d’une de ses pattes. Il n’est pas très grand (et ça le rend encore plus mignon !!!) mais il reste quand-même dans la moyenne humaine. Aucune fourmis n’est censée être deux fois plus grande qu’un humain. Elle est couverte d’une dense et verdoyante couche de végétation et une magnifique fleur de lys blanche sort du haut de sa tête. Fleur tout aussi grande que la fourmis, par ailleurs. On dirait que la plante contrôle la fourmis, c’est assez perturbant.

En tous cas, Daniel ne semble pas impressionné par tout ça. Il monte sur le dos de la bête et se retourne vers moi, comme si tout était normal.

– Phiphi, tu ne montes pas ?

– C’est que… Je n’ai jamais vu de fourmis de cette taille…

Daniel semble étonné. La fourmis aussi. Elle tourne sa tête vers moi et la fleur de lys se penche dans ma direction, comme pour me regarder. Ses étamines vibrent et la fourmis claque ses mandibules, comme pour parler. Daniel descend et me prend les mains.

– Pardon, je manque parfois de jugeote. Bien sûr que tu n’as jamais vu de fourmis-lys géante, on n’en trouve pas de partout dans le château. Suis-moi, je vais te montrer comment monter. 

Une fois installée, Daniel s’assoit derrière moi, place ses bras autour de moi et me dis à l’oreille :

– Normalement, le trajet n’est ni trop long ni trop mouvementé. Mais au cas où, je suis là pour te maintenir en selle.

C’est si romantique… je fonds ! Je suis tellement perturbée et sous le charme que j’en oublie de regarder le paysage. Sentir son doux parfum et ses bras contre moi, quel rêve éveillé ! Le voyage a pu durer une éternité, en ressenti personnel, il a à peine duré quelques secondes. 

– On est arrivé, c’est juste ici.

 Je descends à contre-coeur. Daniel remercie la fourmis et on entre dans le bâtiment.

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