Pièce n°2587
Écrite par Didou
Explorée par Détective Poivre
En compagnie de Cracotte
Pièce du Casteltober 2026 - Jour 15 : Liberté
— Cela faisait une éternité, Détective. Vous n’imaginez pas combien je suis heureux de vous revoir.
Le commissaire, un homme au manque d’élégance criant avec ses vêtements troués par endroits et des bretelles d’un autre âge, nous accueille avec chaleur. Je lui préfère toutefois celle des locaux, où le chauffage est poussé au maximum. Je pousse un soupir satisfait en déposant ma couverture contre le dossier d’une chaise de la salle de repos.
Cracotte, lui, s’ébroue avant de grimper sur la table et de s’y rouler en boule.
— Un remontant, peut-être ? nous propose le commissaire. Thé, café, chocolat chaud ?
— Du jus de bonbons ? demande Cracotte en se redressant soudain, le regard brillant d’espoir.
— Du jus de carottes, je précise comme le policier reste perplexe.
— Oh, je… non. Toutes mes excuses.
Cracotte accuse le coup tandis que je balaie sa déception d’un geste de la main.
— Aucune importance. Mon brave, vous savez combien mon temps est précieux. Aussi me permettrais-je d’être direct avec vous : nous avons besoin de consulter votre base de données.
Si le commissaire conserve son sourire, je vois ses traits se tendre et il secoue la tête.
— Cela m’est hélas impossible.
— Commissaire…
— Cela m’est impossible car nous n’avons plus de base de données. Vous avez sûrement entendu parler d’une fuite de données au sein de notre organisation, enchaine-t-il sans me laisser protester. Il est peu dire que cet incident a rendu les hauts gradés très nerveux à propos de la sécurité numérique. La solution trouvée par notre ingénieur de classe exceptionnelle a été de passer au tout papier. Toutes nos archives numériques ont été purement et simplement effacées.
Il se laisse tomber sur une chaise, épuisé par les souvenirs de cette période, et joue nerveusement avec un bouton de sa chemise.
— Lorsque l’Ordre l’a appris… eh bien, disons que notre ingénieur a perdu sa liberté. Quant à nous, qui lui avions obéi, nous avons été sommés de tout renumériser au plus vite, sous peine de la perdre également. Tout le service est à pied d’œuvre et nous sommes pourtant en retard. Aussi, Détective, je vous réitère mes excuses mais je ne peux accéder à votre requête.
Un silence tombe dans la salle. Lissant ma moustache, je prends le temps de la réflexion puis hausse un sourcil à l’attention du commissaire.
— Et si je parviens à vous échanger des heures contre des jours ?
L’autre ne semble pas comprendre et Cracotte saute sur ses genoux pour poser une patte compatissante sur sa poitrine.
— J’aime bien quand il parle et qu’on comprend pas. Ça fait drôlement Détective, hein ?
— Ce que je voulais dire, c’est que j’ai une certaine influence au sein de l’Ordre. Si je le leur demande, ils vous accorderont un délai. En revanche, mon intervention ne sera pas gratuite.
— Vous… vous feriez ça pour nous ?
— Pour lui, je rectifie en désignant Cracotte dont les oreilles se dressent alors jusqu’au plafond. Et pour ma réputation. Détective assistant ou non, je ne permettrais pas qu’une affaire me résiste. Une semaine supplémentaire contre quelques heures dans vos archives. Est-ce que nous avons une entente, commissaire ?
— Plus que ça, Détective. Plus que ça. Nous avons une amitié !
Le policier me tend une main ferme et tandis que je la serre, Cracotte nous offre l’une de ses plus belles inspirations :
— Il est pas génial, mon Partenaire ?
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Bonjouranh je me présentanh je suis la corruption-anh