Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PIÈCE DE LA FORMATION CROCHET
LA PIÈCE DE LA FORMATION CROCHET

LA PIÈCE DE LA FORMATION CROCHET

Pièce n°2504
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Selen
En compagnie de Ifa

Ifa et moi sommes les derniers arrivés, nous étant inscrits au dernier moment. Heureusement, la formation ne commençait qu’à dix heures. Nous sommes dans ce qui ressemble à une salle de classe de maternelle. Les chaises en plastique colorées sont très petites, et les tables sont très basses. Il y a une quinzaine d’élèves ici. La plupart lèvent des regards soupçonneux sur Ifa quand elle s’assoit à côté de moi. Je suppose qu’on ne peut pas échapper aussi facilement à sa réputation d’ennemi public n°7.

L’enseignante est une dame plutôt âgée, qui a les mains qui cessent de trembler dès qu’elle se saisit du crochet. J’étais dans tous mes états quand le Pr. Plumefer m’a congédié et que j’ai su que j’allais passer une semaine à faire des “ice-breakers” et des exercices de “team building”. Heureusement Tem a su me consoler, et cadeau du ciel, j’ai croisé Ifa en chemin pour l’inscription à la formation.

Cette semaine passe presque trop vite à mon goût. Nos compagnons de formation s’ouvrent très vite à Ifa et moi. J’imagine que la regarder choisir la couleur de sa laine avec enthousiasme ou s’endormir en pause au-dessus de sa tasse de thé les a convaincu qu’elle n’était plus dangereuse du tout. Très vite, nous décidons collectivement de pousser les chaises au fond de la classe, et de nous asseoir sur le tapis qui est très moelleux. L’une des personnes qui suit la formation est très compétente pour préparer le thé et nous fait promettre que nous participerons à un des ateliers “thé” qu’elle tient le soir.

Je pensais que je n’arriverais jamais à faire du crochet, mais l’enseignante est brillante, et je dois avoir un talent inné (ce n’est pas vrai, Ifa a rattrapé mes projets presque à chaque fois que je lâchais la maille). A la fin de la semaine, j’avais fait deux dessous de verre, un cup-holder rose, et j’ai même commencé un bonnet avec une petite fleur au sommet.

Je me sens un peu coupable, mais ça me fait du bien de ne pas penser du tout au travail. Ici, quand j’arrive, on me tend une tasse de thé et souvent quelqu’un a cuisiné des petits biscuits ou un gâteau. Je ne cours pas de la journée pour régler des urgences. Je m’assois juste et je discute avec Ifa et les autres, en faisant jouer la laine entre mes doigts.

Timidement, je demande à Ifa à la fin de la formation si elle veut s’inscrire avec moi à des activités du soir. Je n’ai pas envie de laisser derrière moi cette parenthèse si paisible, et je me dis que je peux toujours retrouver cette bulle de bonheur tranquille en soirée. Et la vérité, c’est que j’aime vraiment bien Ifa. Elle est prudente dans ce qu’elle partage, mais elle aime aussi les activités manuelles, et elle a un sourire sincère.

Nous décidons de commencer par l’atelier thé auquel nous a invité notre compagne de formation.

Je retourne au travail avec une pointe d’appréhension. 

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2 commentaires

  1. Je suis content de voir Ifa avec le sourire ! Je débarque un peu, ça date de quelques pièces, mais elle n’était pas en train de voir l’Ordre sous son vrai jour et de se révolter ?
    Peut-être que le fait que les gens soient ouverts à cette formation l’aide à oublier cet état d’esprit. Et trop bien que son amitié avec Selen se poursuive !

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