Pièce n°2536
Écrite par Quokka Cola
Pièce du Casteltober 2026 - Jour 4 : Électrode
– Et donc, vous voulez qu’on vous chope un des serpents de sable pour que vous puissiez vérifier que son bien-être est respecté ? demande Méor d’une voix très lasse.
L’écologue esquisse un sourire ravi comme si c’était gagné d’avance, et il referme son cahier où il nous montrait ses gribouillis de serpents. Ça fait 45 minutes qu’il nous bassine avec ses serpents protégés. C’est un peu le combat de sa vie. Autant les serpents aquatiques introduits dans le processus défensif des douves, ça il kiffe pas trop parce que ça perturbe la biodiversité locale, autant les serpents des sables, ça c’est giga important.
De toute façon, je me doutais qu’il nous prendrait la tête le jour où il nous a demandé de laver les pneus des PL pour éviter qu’on propage des racines ou des spores de plantes envahissantes. Je veux dire, OK, c’était peut-être notre faute sur l’une des gares du STGV, mais ici il fait tellement sec qu’aucune plante des milieux humides n’arrivera à s’installer ici.
Bon, OK, y’a des douves, mais c’est une autre histoire. Et pour l’instant, elles sont à sec. Les gars de la VRV ont même pris du retard parce qu’il y a une histoire d’étanchéité qui soit disant serait pas si étanche que ça.
Qu’est-ce que je suis content de faire de la voie ferrée.
Mais bon, comme l’OPC s’est fait piquer par un des serpents protégés, c’est Méor qui se farcit la réunion avec l’écologue. On est de l’autre côté des douves (c’est plutôt un fossé selon moi). Derrière, on dépasse les limites du chantier, et le champ magicoélectromagnétique qui retient les serpents de sable ne fonctionne plus. On ne les voit pas, mais il suffit qu’un petit rongeur se glisse sur la dune pour qu’un serpent jaillisse et le gobe d’une seule bouchée. Ça me fait penser au dessin du boa qui a mangé un éléphant.
– Oui, il me faudrait un ou deux specimens. Ensuite, c’est l’affaire de quelques heures, le temps de poser les électrodes et de voir comment ils se comportent, dit l’écologue.
– Vous vous rendez compte que ces bêtes-là vont vous charcuter avant que vous n’ayez réussi à leur coller vos électrodes ? je demande.
– Ne vous inquiétez pas, on a mis en place un protocole, dit-il en se tournant vers son jeune stagiaire.
Qu’est-ce que je suis content de ne pas être stagiaire.
Il est bientôt 13h, et je n’ai toujours pas mangé, sauf si les trois expressos de ce matin comptent. Les ouvriers commencent à s’asseoir, en inspectant le sol prudemment, et sortent leurs sandwichs. Je propose à l’écologue de choisir ses specimens de l’autre côté du chantier. Je connais les gars. Ils jettent souvent des petits bouts de couenne de jambon de l’autre côté de la barrière magicoélectromagnétique parce que ça les fait marrer de voir les serpents sauter pour les choper. Quelque chose me dit que l’écologue va me faire chier parce que ça perturbe le régime alimentaire de ses petits serpents protégés.
Cet écologue a l’air LEGEREMENT embêtant pour le chantier ^^
Haha le ton de fin est génial ^^
La pièce m’a beaucoup fait penser à Dune par certains aspects !