Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LES ESCALIERS AVEC UN SINGE
LES ESCALIERS AVEC UN SINGE

LES ESCALIERS AVEC UN SINGE

Pièce n°2558
Écrite par Sol'stice

Pièce du Casteltober 2026 - Jour 8 : Infini

 Il n’y avait pas d’autres portes en bas, donc j’ai commencé à grimper. Toujours de la poussière, partout. Sur les marches, larges, usées au milieu par de nombreux passages. Sur la rampe, le long du mur, le long du vide. En pluie lente, attrapant l’éclairage incertain, dans l’espace incertain. En me penchant dans ce dernier, je n’ai pas réussi à en voir le bout. Je ne vois plus d’où je viens non plus. Ces escaliers sont trop longs. Ils sont infinis, s’enroulent vers des hauteurs que le manoir n’a pas. Il y a seulement les traces de cellui qui m’a précédé-e. Ses mains font parfois une pause sur la rampe, s’y accoudent. Attendent quelque chose. De temps en temps, les marches craquent loin en-dessous. Je ne vois toujours rien en me penchant. Au-dessus, depuis peu, j’entends autre chose. Une mélodie. Un air de flûte mélancolique. J’ai beau avancer tant que je peux, je suis incapable de dire si le son se rapproche ou pas. Je suis tellement concentré-e pour en trouver la source que je ne me rends même pas compte que j’arrive enfin en haut quand je la vois. À côté de la porte, assis sur un tabouret, un air triste à en pleurer, un singe joue de la flûte. Il ne lève pas la tête tandis que je reste là à l’écouter. Est-ce que cellui qui est passé-e avant moi s’est arrêté-e aussi ? Il ne sursaute pas quand les marches craquent, plus proches qu’auparavant. Il ne bronche pas quand je sors.

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