Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
RÉSEAU DES TUYAUX – SECTEUR S124-19H 22°
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Pièce n°2410
Écrite par Sol'stice
Explorée par Muiri

 Il y a déjà la queue quand j’arrive. Les mains dans les poches, je me mets dans la file. Une paire de Colporteurs et une poignée de travailleurs comme moi attendent leur tour. L’odeur provenant de la caravane stationnée sur le quai surpasse celle de l’eau croupie qui clapote contre. Mon ventre gargouille. Heureusement, ça avance vite. Je secoue le bras pour détacher la tige qui s’aventure à accrocher le tissu de ma manche et fouille dans mon sac. Avec l’incident du régulateur de gravité de la semaine dernière, j’ai eu assez de jobs à réparer des broutilles pour pouvoir manger sans souci dans les jours à venir. J’attrape aussi ma carte de travailleur affilié, que je montre au cantinier avant de payer. Un tas de paperasses, de formulaires incompréhensibles et de serments obscurs à prêter, j’ai pas tout compris, c’est Lagio qui avait insisté pour qu’on le fasse, mais au moins on a des réductions sur la bouffe. Pratique. Par contre, contrairement à ceux qui se font avaler par l’Ordre on n’a pas d’assurance, mais on a préféré garder notre indépendance. La fierté de la boîte familiale quoi. Ma commande est prête. Je récupère avec avidité le cornet de papier qui m’est tendu, laisse la place au suivant. La chaleur et la graisse traversent le papier, réchauffent et poissent mes doigts. Je me brûle en piochant une frite, la trempe dans la purée d’oseille sanguine au fond avant de l’engloutir d’une seule bouchée. Il y a un autre truc pour accompagner les frites, je sais pas ce que c’est. Une sorte de compote verte, avec des parties jaunâtres. Quand je le touche avec le bout d’une frite, ça bouge un peu. Et je crois que ça rigole. Mais c’est peut-être que l’écho des gouttes plus loin dans le tunnel, ou un rat qui vient de tomber dans l’eau. L’eau crépite encore, même si ça fait bientôt deux semaines. Ça sent pas mauvais. C’est même plutôt bon quand je goûte du bout de la langue. Avec un haussement d’épaule, j’avale la frite et en attrape une autre.

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2 commentaires

  1. Haha tous les explorateurs vont avoir droit à leur plante de compagnie !
    J’aime beaucoup l’atmosphère de cette pièce, les conditions de vie qu’elle décrit. On sent que la pauvreté est omniprésente, ce brave Muiri va même jusqu’à manger quelque chose qui a l’air franchement répugnant malgré son goût ^^

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