Pièce n°2342
Écrite par Didou
Explorée par Drev
Fait partie de la saga << < Vent de Révolte
— Est-ce que tu es avec nous ? Drev ? T’es avec nous ?
Les yeux clairs de Maelie me fixent. Son visage, marqué par les éraflures et les entailles ensanglantées, trahit l’inquiétude qu’elle ressent pour moi. Pourtant, je suis incapable de la rassurer.
— Vous…
Une quinte de toux me coupe dans mon élan. Je me penche du banc sur lequel je suis allongé, à l’extérieur, remarque-je, avant de cracher un mélange de salive et de sang. Surtout du sang.
— Vous l’avez tuée !
Mon accusation, trop faible comparée à la tempête qui hurle en moi, est pourtant suffisante pour qu’Orvall baisse les yeux. Maelie, elle, continue de me fixer.
— Nous avons fait ce qui était nécessaire pour nous en sortir.
Alors que je vais pour protester, elle enchaine :
— La vie d’un innocent ne vaut rien face à la cause que nous défendons. On se bat pour quelque chose de plus grand que nous, Drev. Pour que ces mêmes gens qui refusent d’agir contre l’Ordre, qui préfèrent lui obéir ou rester passifs puissent retrouver la liberté à laquelle ils aspirent. Alors si quelques-uns doivent tomber dans la lutte, j’estime le sacrifice nécessaire. Et ce, même s’il s’agit d’une enfant.
— C’est n’importe quoi !
Mon cri alerte un passant qui se tourne dans notre direction mais décide finalement de s’éloigner, bien aidé dans sa décision par un regard assassin d’Orvall.
— C’est n’importe quoi, je répète. Moi, je… moi, si j’ai rejoint la Résistance, c’est pour être utile, pour… pour aider les autres. Pas pour les regarder mourir. Pas pour être la cause de leur mort.
Mes doigts cherchent la plaque en métal accrochée à la chaine autour de mon cou. Sa chaleur m’a toujours donné du courage. Aujourd’hui, elle est aussi glaciale que ma voix.
— Je… je ne peux pas continuer. Je suis désolé, Maelie, Orvall. Je… je ne peux pas.
— Alors tu préfères abandonner ? C’est ça ta réponse à la mort de cette gamine ? Abandonner en espérant que d’autres fassent le sale travail à ta place ?
Elle se rapproche de moi, si proche que je sens son souffle contre mon visage. Une mèche de ses cheveux m’effleure la joue.
— Si tu renonces aujourd’hui, c’est comme si elle était morte pour rien. On n’y arrivera pas sans toi, Drev. Je n’y arriverai pas sans toi.
Elle esquisse un mince sourire puis me tend la main.
— Détruisons le Cathédrhall ensemble. Ensuite, si tu veux toujours nous quitter… je te laisserai partir. C’est promis.
Je ne parviens à m’interroger sur le sens de ces mots. Je ne parviens même pas à protester. Son regard engloutit ma volonté, éteint mon indignation et avant même que je ne le réalise, je glisse ma main dans la sienne. Son sourire s’élargit alors et elle hoche la tête.
— C’est la bonne décision, tu verras.