Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
RÉSEAU DES TUYAUX – SECTEUR S137-28Q 34°
RÉSEAU DES TUYAUX – SECTEUR S137-28Q 34°

RÉSEAU DES TUYAUX – SECTEUR S137-28Q 34°

Pièce n°2398
Écrite par Sol'stice
Explorée par Muiri

 Heureusement que j’ai mes bottes. Même si je n’ai fait que m’éloigner du secteur où a eu l’explosion, l’eau continue de crépiter et de dissoudre tout ce qui tombe dedans. Tout ça à cause de la vétusté prévisible des installations d’une entreprise qui a fait faillite depuis longtemps, des sociétés qui ont construit autour sans s’inquiéter de leur dangerosité et du manque d’entretien des valves de sécurité. Résultat ? Un quartier entier évacué, partiellement détruit, des agences immobilières et d’assurance qui tirent la tronche. Et de l’eau qui crépite. Va falloir attendre les déluges de la Grande Pluie pour diluer un peu tout ça. Au moins je ne croise pas grand monde, il n’y a que ceux bien équipés qui peuvent s’aventurer sans trop de risque dans une grande partie du Réseau des Tuyaux. Avec des bottes ou, comme le Colporteur dans le recoin là-bas, une épaisse couche de chitine qui protège ses jambes. Les segments de sa carapace qui forment son capuchon ont l’avantage de plus le protéger que moi des gouttes qui tombent du plafond. Il reste parfaitement immobile quand je m’approche de lui. Ils font ça, à rester sans bouger dans le Réseau des Tuyaux, mais ils aiment ça, je crois, l’obscurité et l’humidité. C’est un peu flippant au départ, mais on finit par s’y habituer, à force de les croiser. Je repousse les feuilles qui recouvrent le battant de ma sacoche et fouille au fond à la recherche d’argent. Parce que, bien sûr que j’ai pas été payé pour le job d’avant. J’ai pas réparé la fuite après tout. Entre mes outils, je pêche une poignée de piécettes, aussitôt troquée contre le dernier exemplaire des Échos du Château. Un encart sur la première page me donne une idée. J’extirpe deux sous supplémentaires en cherchant bien et un bout de papier froissé, que je tends au Colporteur.
 — Pour le prochain numéro, là, pour les pubs, s’il vous plait.
 Il les récupère dans sa pince et les fait disparaître sans un mot entre les plaques de sa carapace. Pas très causant. À ça aussi, on s’y habitue. J’espère qu’avoir un peu de visibilité dans l’hebdomadaire le plus lu du Château nous apportera quelques clients. À cet instant, mon téléphone sonne.
 — Les frères Muiri et Lagio, plombiers à votre service j’écoute. … Comment ça l’eau coule à l’envers ?

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3 commentaires

    1. J’apprécie beaucoup le ton un peu cassant de Muiri, je trouve que, mis en réseau avec les pièces des autres travailleureuses du Château, se crée petit à petit une forme d’unité dans l’expérience. Je n’avais pas du tout imaginé les colporteurs de cette manière mais ça rend vraiment bien, de nouveaux personnages qui se distinguent clairement des autres castes du coin. Et tu enchaînes/relies si fluidement les différents événements qui se produisent dans le Château ! Bravo !

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