Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE TRAIN FUTURISTE
LE TRAIN FUTURISTE

LE TRAIN FUTURISTE

Pièce n°2517
Écrite par Didou

Ce train est bizarre.

D’accord, ça fait longtemps que je n’en ai pas pris un, mais c’est la première fois que je suis tout seul. Pas juste dans le wagon mais dans la rame tout entière. Complètement et entièrement seul. Pas l’ombre d’autre passager ou d’un contrôleur. Ça m’arrange cela dit. Arrivé en retard, je n’ai pas pris le temps d’acheter un billet et si je peux en économiser le coût…

Je jette un œil vers la porte derrière moi, juste au cas où. Toujours personne. Bon. Je pousse un soupir et m’autorise à me détendre. Les sièges sont moelleux, spacieux. J’étends mes jambes et puis me laisse aller à la contemplation du paysage qui défile au travers des fenêtres. Plusieurs minutes passent avant qu’un détail ne me trouble : je n’ai pas la moindre idée d’où on est. Impossible de reconnaitre ces plaines ou cette forêt dans le lointain. Je plisse le nez tandis que des images me reviennent en mémoire. Avant de monter dedans, le train avait bien un aspect disons… particulier. Entièrement noir, avec des roues teintées d’une brume bleuâtre que l’on retrouvait sur certaines parties des wagons, il arborait un aspect futuriste qui m’avait ravi. J’aurais dû me douter que quelque chose n’allait pas. Notre agence de transport national, en avance sur son temps ? À moins d’être passé dans un autre monde, la chose est impossible.

— Billet, s’il vous plait.

— Ah !

Je sursaute et me cogne la tête contre la vitre. Le cœur battant à tout rompre, les yeux écarquillés, je me tourne vers un contrôleur au visage cadavérique qui répète :

— Billet, s’il vous plait.

— Ça va pas de faire peur aux gens comme ça ? Votre train est vide, je maugrée en désignant les sièges autour de nous. Je suis vraiment obligé de payer ?

Je refuse de croiser le regard du type. Pas par culpabilité mais je n’aime pas ce qu’il dégage. Il me met mal à l’aise. Sans compter l’odeur horrible qui émane de lui.

— Pas de billet, donc ?

— Non. Non, je n’ai pas de billet.

— Tarification maximale donc. Contrôleur à vie. Bienvenue dans l’équipe.

— Que…

Plus vif qu’il ne le laisse supposer, le contrôleur se jette sur moi et m’attrape le bras. Juste avant de me mordre.

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