Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE VESTIBULE DES RONGEURS
LE VESTIBULE DES RONGEURS

LE VESTIBULE DES RONGEURS

Pièce n°2102
Écrite par Harry Queaut
Explorée par Phaene

Il y a peu de temps, alors que je décidais de reprendre mon exploration des lieux à presque zéro, pour essayer d’organiser mes découvertes et possiblement initier un processus de cartographie de cet endroit, je me souviens m’être demandé à moi-même si je découvrirais quoi que ce soit que je n’avais pas vu à ma première tentative. J’avais peur que la réponse soit non, mais nous y voilà : seulement quatre jours après mon départ et j’ai découvert la pièce dans laquelle je me tiens actuellement. Enfin, tenir est un bien grand mot pour un espace si exigu : si je m’y tiens à quatre pattes, j’en remplis peu ou prou tout le volume (j’ai d’ailleurs failli rayer mes lunettes contre une paroi en essayant de me tourner pour avoir une meilleure vue sur l’ensemble de la pièce (tentative elle-même n’ayant obtenu qu’un succès moyen)).

 

Il est difficile d’expliquer la bizarrerie de la physique du lieu, mais il semblerait que quelque chose bloque la diffusion de la lumière existant à l’intérieur de la pièce vers l’extérieur. Lorsque j’ai d’abord découvert ce que je pensais être une fissure dans le mur noir à côté duquel j’ai passé la nuit, il m’a fallu essayer de poser la main sur l’espace délimité par ladite fissure pour me rendre compte que non, c’était bel et bien une sorte de … trou ? d’entrée ? En tous cas, elle était absolument indifférenciable du mur noir, à ceci prêt que la fissure-qui-n’en-était-pas-une, les contours de l’entrée-trou, étaient d’une noir plus clair que le reste. 

 

En bonne découvratrice, j’ai évidemment d’abord tenté d’observer ma découverte de loin, puis d’un peu moins loin, et d’un peu plus prêt encore, mais impossible d’y voir quoi que ce soit. J’ai essayé d’éclairer l’intérieur avec une allumette, sans succès : dès que la flamme passait le seuil, elle semblait comme disparaitre. En la retirant vers l’extérieur, elle réapparaissait, comme si elle ignorait elle-même qu’elle avait disparu – bien sûr, j’ai essayé avec trois autres allumettes, pour m’assurer que ça n’était pas la faute d’une ou deux ou trois allumettes défaillantes mais je n’ai jamais obtenu que le même résultat. Au bout de la quatrième allumette, un peu frustrée, je l’ai envoyée un peu plus profondément, avec un peu plus de force et sans m’en rendre compte, tout à coup, le bout de mes doigts avait été avalé avec le reste. (Est-ce que.. Non, non, je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’inclure mon glapissement de terreur, il n’a aucune valeur scientifique après tout. Non, je ne le mets pas, c’est mieux) Retirant illico mes doigts et l’allumette avec, j’ai découvert qu’ils ne semblaient pas, eux non plus, avoir été attaqués de quelque manière que ce soit. Forte de ma nouvelle assurance que l’espace ne me causerait pas d’altérations physiques immédiate, j’ai tâtonné à l’intérieur et ne découvrant rien qui m’avance quant à l’agencement de la pièce, j’ai pris la décision qui me mène maintenant à ma situation actuelle : rentrer dans la pièce moi-même et complètement

 

Vous serez probablement intrigués, tout autant que je l’ai été – et que je le suis encore – de savoir que la lumière ne m’est apparue, dans cette pièce, qu’une fois que j’y ai été complètement rentrée, lorsque mon deuxième pied quitta complètement l’herbe (et d’ailleurs, au même moment où mon front est entré en contact avec l’autre extrémité de la pièce). 

 

Pour ce qui est de la pièce, sa description va comme suit : relativement exigüe, me permettant d’y tenir à quatre pattes sans autre liberté. Rectangulaire, avec une des paroi percées par l’entrée-trou par laquelle je me suis introduite, et celle lui faisant face par un autre trou, plus petit, qui semble lui servir d’entrée dans le château. Ce dernier (trou, l’entrée dans le château), permet le passage de créatures aussi volumineuses que des lapins, mais pas plus. 

C’est l’observation qui me permet cette estimation, puisque depuis que je me suis introduite dans la pièce, un lapin brun à la queue blanche y est lui aussi entré, me passant entre les jambes, avant de se faufiler entre mon genou et mon coude droit. A ce moment-là, je me suis tortillée pour voir ce qu’il faisait avant de découvrir une drôle de vision : un lapin retirant une sorte de veste mais… C’était une veste que je n’avais pas pu remarquer ou même imaginer, tant elle était semblable au pelage de l’animal lui-même. Une fois sans veste, on aurait simplement dit qu’il avait perdu un tour de taille (NOTE : LES LAPINS ONT-ILS UNE TAILLE ? À VÉRIFIER ET POTENTIELLEMENT CORRIGER AVANT TRANSMISSION), ni plus ni moins. Il l’a ensuite mise sur un porte-manteau tout ce qu’il y a de plus normal, à ceci prêt que sa taille était adaptée à l’animal qui en avait l’usage.

Si je me permets de soumettre, pour baptiser cet espace, le nom de VESTIBULE DES RONGEURS, malgré ma pleine conscience du fait que les lapins sont des lagomorphes et non pas des rongeurs, c’est que j’ai dans les minutes qui ont suivi le passage de notre premier lapin, j’ai pu observer deux souris, un écureuil, huit campagnols ainsi que deux mulots et trois lérots (tous ayant observé le même comportement et le retrait de vestes quasi-indistinguables de leur propre pelage à première vue), laissant visiblement les rongeurs en très grande majorité. Il est évidemment envisageable, si le manque de précision déplaît trop, de renommer la pièce « VESTIBULE DES RONGEURS ET DU LAGOMORPHE » mais là encore, de nombreuses questions subsisteraient : le lapin est-il le seul lapin à faire usage de cette pièce ? Parle-t-on donc « du » lagomorphe ou « des » lagomorphes ? Si, certainement, plus d’observations permettraient sûrement d’arriver à des conclusions plus satisfaisantes, mes genoux, coudes, paumes de mains et surtout, surtout, ma nuque sont trop douloureuses pour envisager un tel travail de ma part. La décision est donc prise de quitter la pièce, et de remettre à plus tard ce que je n’ai plus envie de faire aujourd’hui.

 

JOUR 4 : DECOUVERTE PREMIERE – LE VESTIBULE DES RONGEURS 

Phaene > >>

Partager...

2 commentaires

  1. Un beau début d’exploration ! C’est intéressant de commencer par des découvertes de pièces exiguës alors que beaucoup d’aventurier-es se concentrent souvent, de prime abord, sur les espaces vertigineux du Cathedrall (ou de puits dans lesquels on se casse la figure… ) !

    Ton style très rigoureux et scientifique me fait penser aux pièces botaniques d’Alké ! Entre la classification de la flore du Château et celle de ses rongeurs et lagomorphes, on va bientôt pouvoir se lancer dans un imagier.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *