Pièce n°2153
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Ifa
Fait partie de la saga << < Le Cygne Gris > >>
Pièce du Casteltober 2025 - Jour 5 : comète
La magie d’Abnar me laisse avec une sensation désagréable, comme si je la reconnaissais mais qu’elle ne m’était pas familière. Une part de moi mais corrompue ? Je manque de trébucher lorsque son tourbillon s’évapore, mais il me retient juste à temps. Son regard s’attarde sur moi, j’y crois presque y lire un soupçon de souci.
Une brume nocturnale nous entoure et ne semble pas vouloir se dissiper. Il fait très chaud et humide. Je distingue parfois l’ombre d’un arbre, mais je ne suis pas certaine. Le brouillard est tellement dense…
Je commence à avancer. Je ne vois plus Abnar, mais parfois le bruit de ses pas me parvient. Je n’aime pas penser à ça, mais nous sommes très similaires parfois. Il est très discret, comme s’il avait entraîné comme moi à se mouvoir sans un bruit. Mais ai-je vraiment suivi un entraînement ? Certains souvenirs me reviennent parfois mais se défilent avant que ne puisse en tirer une quelconque information.
Bientôt le chant d’une source se fait entendre et brouille le soupçon de présence d’Abnar. Le brouillard se lève, mais je n’en suis pas très sûre. Ce que je vois me laisse l’impression d’un rêve fiévreux. Quelques dizaines de petits animaux se baignent dans ce qui semble être une source chaude. Ils semblent inoffensifs : des capybaras. Curieusement, ils portent tous un béret rouge.
J’ai chaud. Mais un peu froid à la fois. Je sens mon cœur battre jusque dans mes tempes. Je frissonne.
Je ne me sens pas très bien. Je devrais analyser la situation, voir si je trouve une sortie, si j’entends l’appel de mon âme, mais l’hallucination m’en empêche. Et je regarde les capybaras plonger et barboter en prenant garde à ne jamais mouiller leurs bérets. Tout est flou, mais c’est peut-être la vapeur d’eau ou le mouvement des capybaras qui me perturbe.
Est-ce que je suis en train de rêver ?
Mes rêves semblent toujours me mener au désastre en ce moment. La dernière fois, c’est à cause de ça que l’Ordre nous a retrouvés aussi vite. J’ai de plus en plus chaud. Et froid. La main d’Abnar se pose sur mon épaule et me ramène à la réalité. Je me sens rassurée.
S’il est là, c’est que je ne rêve pas.
Il ne dit rien mais lève le doigt pour me montrer quelque chose dans le ciel. Une comète. Elle semble s’écraser au loin. Je regarde dans cette direction. La rivière semble y avoir créé un petit bassin. Il n’y a aucun des animaux dedans. Abnar et moi allons y jeter un coup d’œil. En marchant, je remarque que ma robe impraticable a été remplacée par une marinière à rayures rouges et un jean. Les bracelets de perles rosées sont restés. Paniquée, je tâte mes poches. Pourvu que…
C’est bon. J’y sens le petit sachet de lavande et la petite perle sombre un peu déformée.
Mes trésors.
Peut-être que ce sont les capybaras qui ont transformé mes vêtements. Ce ne serait pas impossible. Ce ne sont pas des capybaras normaux. Ils portent des bérets rouges. Je sais que j’insiste sur ce point, mais ils portent des bérets rouges.
Le coin de rivière où est tombée la comète est un peu différent du reste. De la vapeur s’en échappe, pourtant quand j’y trempe un doigt, l’eau est froide. Comme deux moitiés mal accordées. Comme la petite fée et moi. Mon âme. Puis l’eau nous aspire Abnar et moi.
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J’aime beaucoup cette idée des vêtements qui changent par magie.
Et la fin est très belle, avec l’explication de pourquoi jusqu’à présent, Ifa avait chaud et froid en même temps.