Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PIÈCE DU DÉSERT DANS LES FLAMMES
LA PIÈCE DU DÉSERT DANS LES FLAMMES

LA PIÈCE DU DÉSERT DANS LES FLAMMES

Pièce n°2173
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Ifa
Fait partie de la saga << < Le Cygne Gris > >>

Pièce du Casteltober 2025 - Jour 9 : cerceau

Le feu m’a toujours inquiétée. Il réveillait toujours en moi le souvenir, ou plutôt l’absence d’un souvenir, empreint de fièvre et de désolation. Les flammes étaient intimement liées à la moi d’avant. A ce que j’étais avant de perdre la mémoire et de rejoindre le village aux champs de lavande, où j’ai été si heureuse.

Je crois que, si pendant toutes ces années je ne me suis jamais approchée d’un feu, c’est que j’avais instinctivement peur de ce que cela pouvait éveiller en moi. Un monstre. Ou une victime. Peut-être les deux. L’écho de ce que j’étais dans mes rêves, ou peut-être en vrai, de ce que l’Ordre avait fait de moi.

Oui, j’ai toujours eu le feu en horreur. Pourtant, je n’ai pas hésité au cœur du champ de coquelicots. Si c’est pour protéger la petite fée, si c’est pour retrouver mon âme, je suis prête à tout. L’appel des flammes s’est mêlé à celui de mon âme, et je n’ai pas réfléchi. Ça s’est fait instinctivement. Je n’ai même pas eu besoin de m’approcher du feu. J’ai senti mes yeux devenir jaunes lorsqu’Abnar m’a prise sans ses bras – dieux, j’arrive à sentir quand mes yeux changent maintenant – et l’opportunité était trop belle.

Le chaos. La destruction. Je crois que je suis faite pour tout brûler sur mon passage. Mais si c’est pour la petite fée, alors je peux bien embrasser ce côté monstrueux de moi. Elle comprendra. Si j’étais un cygne noir, elle serait un cygne blanc. Et à nous deux, nous serions un cygne gris qui sortirait des cendres.

Que c’est niais.

J’écrase le léger sourire qui me monte aux lèvres. Je n’ai pas de temps à perdre. Je cours dans un désert où des flammes s’élèvent par endroits, là où des cerceaux de dessinent au sol. Un petit aperçu de l’enfer, peut-être. Il faut que je retrouve la petite fée au plus vite. Il faut que je la retrouve avant l’Ordre et avant Abnar. Et surtout, il ne faut pas que je dorme. Qui sait ce qui me trouverait dans mes rêves ?

Heureusement, l’appel de mon âme se fait plus fort. Il brûle, comme l’air qui rentre dans mes poumons, chargé de souffre. Mais curieusement, le souffle de mon âme est aussi doux, frais comme l’eau d’une rivière.

Je laisse mon âme me guider et continue de courir. J’ai peut-être gagné du temps en mettant le feu aux champs de coquelicots, mais je n’ai pas gagné assez de temps. Abnar est un puissant magicien. Mon seul avantage, c’est que sans moi, il ne peut pas entendre le chant de mon âme. Il a besoin de moi pour le guider. Alors je dois fuir. Une fois que j’aurai retrouvé la petite fée et que nous serons deux, nous aurons peut-être notre chance contre lui. Mais pas maintenant.

Mon âme m’entraîne vers des flammes différentes des autres, qui tirent vers des tons bleus. Je n’ai pas peur du feu. Je n’ai plus peur du feu. Ça me rappelle l’Ordre, mais ici, c’est mon âme qui m’appelle.

Je me jette dans les flammes, et elles m’emmènent. Ailleurs. Vers mon âme.

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