Pièce n°2266
Écrite par Didou
Explorée par Altixor
Je déteste la magie.
Alors même que je goûte au plaisir de retrouver Mecelsen, une tempête infestée de zombies m’emporte. Des grains de sable, de poussière me fouettent le visage, se glissent dans mes yeux et commettent l’affront ultime de salir mon teint. Cela ne dure toutefois pas. Le tourbillon s’apaise bientôt et je me découvre isolée sur une île déserte.
Une île déserte désormais envahie de zombies.
Je hurle. Dans un cri de rage, je brandis mon épée et décapite le plus proche de moi. Tente de le décapiter. Mes bras n’ont plus assez de force pour venir à bout de son cou décharné et nous échangeons un regard embarrassé, le visage à quelques centimètres l’un de l’autre.
— Dites-moi que c’est une blague, je marmonne.
Si c’est le cas, elle ne correspond guère à l’humour zombie et je m’empresse de reculer tandis que mon adversaire fait mine de me mordre. Un second se dresse aussitôt sur ma route puis un troisième, une dizaine d’autres. Armée ridicule. Au sommet de ma gloire, un simple revers l’aurait balayée et réduite en poussière.
Mais aujourd’hui…
J’effleure du bout des doigts mon cœur battant à tout rompre, chasse la sueur qui perle sur mon front. Puis je fais un pas en arrière et m’enfuis aussi vite que possible. Hélas ! Ma formidable puissance n’est pas la seule chose à avoir disparu lors de mon séjour dans le sarcophage.
À peine ai-je fait quelques mètres que je suis contraint de me stopper, épuisé. Pire encore, je dois laisser tomber Mecelsen, devenue trop lourde entre mes mains.
Et mon cœur qui bat toujours, qui bat, qui bat…
— Il suffit ! je tonne.
Redressant le menton, relevant la tête, je fixe avec le mépris qui lui est dû l’armée de zombies et affirme :
— Je suis Altixor ! Roi parmi les rois, puissants parmi les puissants ! J’ai dominé des univers entiers ! Et vous pensez pouvoir me vaincre ?
Soit je ne suis pas assez convainquant, soit leur foutue absence de cerveau les rend incapables de me comprendre. Ils me fixent, prêts à donner un nouvel assaut.
Que m’importe.
J’assure mes appuis, contracte mes muscles. Plus question de fuir. Désarmé, affaibli, je reste Altixor. Et Altixor ne connait pas la peur. En parfaite synchronisation, mes ennemis et moi hurlons avant de nous élancer l’un contre les autres.