Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE SAUNA DE L’ENFER
LE SAUNA DE L’ENFER

LE SAUNA DE L’ENFER

Pièce n°2442
Écrite par Didou

Je n’avais jamais vu de sauna aussi grand. Dix bonnes secondes que je marche et je n’aperçois toujours pas le moindre banc où me détendre. La chaleur est toutefois bien présente. Étouffante. Suffocante. J’essuie d’un revers de la main la sueur qui se forme sur mon front. Je n’ose pas imaginer la facture d’électricité des lieux. Quelle folie a bien pu pousser un esprit humain à construire un tel endroit ?

Je secoue ma main, envoyant valser les gouttes qui dégoulinent le long de mes doigts. J’ai l’impression que la chaleur augmente encore. Presque 90 °C lorsque je suis entré. À présent…
Je grogne. Le thermomètre, pas plus que le banc, n’est visible nulle part. D’expérience, je sais pourtant que la barre des 100 °C a été franchie.
« Il faudrait voir à ne pas abuser. »
Les mots refusent de franchir mes lèvres, si chaudes qu’elles me brûlent et gercent. Ma langue est sèche. Déglutir me fait mal. Mon corps entier ruisselle et même respirer m’est difficile tant les poils de mon nez me semblent près de s’enflammer. L’enfer ne serait pas plus chaud.
— Cuisson : bien cuit.
Je sursaute. Ai-je rêvé ces mots ? Ai-je… une quinte de toux me coupe dans mes pensées. La température a encore augmenté. 150 °C ? 200 ?
Ma vision se trouble. Un rire retentit au-dessus de moi tandis que je m’effondre au sol, tête la première sur une flaque d’eau formée par ma propre transpiration. La fraîcheur toute relative du carrelage ne m’apporte qu’un réconfort de courte durée. Le thermostat est poussé à fond, 400, 500 °C peut-être même et puis je perds connaissance.

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