Pièce n°2462
Écrite par Sol'stice
Explorée par Muiri
La porte est lourde à tirer. Elle n’a pas été entretenue depuis la construction de la nouvelle salle de vidange suite aux Terribles Inondations. La pièce a séché depuis. Débarrassée de son mobilier, elle est suffisamment peu accessible pour que venir la dégrader demande trop d’efforts. J’ai pris l’habitude de la visiter quand j’ai besoin d’une pause et que je n’ai pas envie de monter à la Surface.
Avec un soupir de contentement, je m’assoie par terre, me débarrasse de mes bottes, retire délicatement ma sacoche et mon manteau en faisant attention de ne pas abîmer la plante. Je vérifie mes messages. Pas de nouvelles ni de Lagio ni de Pêche. Pas de messages d’un potentiel client non plus. Meh. Je m’allonge dans la poussière, les mains derrière la nuque. Le plafond est taché par le fantôme de l’humidité qui a ravagé les lieux. Je tire mon manteau sur moi, réconforté par le poids supplémentaire de la végétation sur ma poitrine. Au chaud, je ferme les yeux.
Ça grouille. Ça grouille et ça me réveille. Je le redresse en sursaut, je veux me redresser en sursaut, mais je suis coincé par la masse qui m’écrase. La plante a poussé, elle est partout. Elle me retient, m’enlace presque tendrement dans son feuillage. Je parviens à m’asseoir. À me mettre péniblement debout. Les tiges enroulées autour de mes membres m’immobilisent. J’en arrache en forçant un pas en avant. Elles repoussent aussitôt, s’entortillent dans mes jambes. Un autre pas. Vers la sortie. La plante n’y est pas encore, elle s’en approche plus vite que moi. Il me faut sortir. Ma sacoche, mon manteau, sont perdus quelque part dans la masse de feuilles. Tant pis, trop tard. J’ai baissé ma garde. Quelle connerie.
J’avance. Je me sens disparaitre, avalé.
J’avance encore. Je pèse de tout mon poids sur la porte, bascule en avant.
Je suis tellement triste pour Muiri TT_TT
Il y était attaché à sa plante, c’est trop nul de voir qu’elle le trahit ainsi. Ou alors c’était sa façon de lui montrer son affection ? Avec le « m’enlace presque tendrement » ?