Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA JUNGLE
LA JUNGLE

LA JUNGLE

Pièce n°2446
Écrite par Flominou
Explorée par Nougat
Fait partie de la saga << < Nougalthazar > >>

C’est sympa « La jungle ». J’ai l’impression de revenir dans mon milieu naturel, à l’état sauvage. Le seul problème, c’est qu’on n’y trouve pas de gamelle avec de l’eau ou des croquettes. Pas de litière non plus ici, mais ça, ça ne m’a jamais dérangé. Par contre, pas de boîte de pâtée, et ça, ça fait mal. J’ai faim.

Comme je suis un grand prédateur, je décide de chasser. Mais que chasser ?

UN PAPILLON !

J’effectue un magnifique saut périlleux, je l’attrape au vol en me retournant dans les airs et j’atterris prestement sur le sol. Quel chasseur-né ! Je dévore ma malheureuse proie. C’est léger un papillon. Très léger. Trop léger pour me nourrir convenablement. Il me faut des proies plus conséquentes.

Je repars donc, à l’affût. J’aperçois un écureuil au loin. Lui aussi me voit, il s’enfuit. Pas la peine de chercher à l’attraper, celui-ci est hors de portée. Je suis trop bruyant et trop visible.

Je passe en mode furtif. Après quelques minutes de recherche, je trouve un petit oiseau, posé quelques mètres plus loin, en train de picorer de beaux insectes bien juteux. Il me tourne le dos et j’ai le vent de face. Enfin, je crois. Je n’ai jamais vraiment appris à détecter le sens du vent. Mais c’est inné chez nous, les chats sauvages. Je m’aplatis sur le sol et je m’approche lentement de mon futur repas.

Plus qu’un mètre entre lui et moi. Je me prépare… et je saute ! Je trébuche sur une racine qui n’était manifestement pas là deux secondes plus tôt et je me rétame sur le sol. Le stupide oiseau en profite pour s’enfuir. Quelle poisse, si les arbres se retournent contre moi, je vais mourir de faim ! Autour de moi, les oiseaux chantent, comme pour me narguer. Put**n de jungle.

Je fais une pause près d’une rivière. J’en profite pour boire et me faire un brin de toilette. Je repère alors un groupe de champignons violets vraiment très bizarres. Ils sont très grands, presque aussi hauts que moi, et surtout très fins, à peine l’épaisseur de ma queue. Ils se balancent au rythme du bruissement de l’eau de la rivière. C’est assez hypnotique. Et quand les oiseaux chantent, ils s’illuminent. C’est vraiment très beau. Et ça donne faim. J’en mâche un pour voir s’ils sont comestibles. En tous cas, ils sont bons. Ça me rappelle un peu le goût du chocolat que Baba m’interdisait de manger. J’en mange un deuxième.

Alors que j’entame le troisième, je me sens soudain tout faible. Je peine à rester sur mes pattes. Je crois que j’ai vraiment sommeil tout d’un coup. Je me couche pour me reposer un peu.

Je me réveille quelques temps avant le coucher du soleil. Et je vomis tout ce qui se trouve dans mon estomac. La bile que je recrache est toute violette. C’est drôle, je n’avais encore jamais vomi violet. Je prélève trois-quatre champignons pour l’Ordre.

– Sésame, transfère ça !

Mon ventre gronde horriblement fort. Il faut que je trouve de quoi manger. Je repars à la chasse.

Après quelques instants de recherche, j’entends au loin des petits couinements de rongeur. Je me rapproche discrètement. Une grosse souris se débat au milieu d’une petite clairière. Elle essaie de s’enfuir mais sa queue est mystérieusement attachée à un petit bâton enfoncé dans le sol. Quelle aubaine, c’est mon jour de chance !

Je m’approche nonchalamment du pauvre rongeur. Il couine de plus belle en essayant de fuir de l’autre côté. Arrivé à trois mètres de ma cible, j’accélère, je cours et je saute sur la pauvre bête. Je l’attrappe en pleine gueule et lui brise la nuque d’un coup de mâchoire.

Puis un filet me tombe dessus. C’était un piège !

Je feule et je saute dans tous les sens mais rien n’y fait, le filet est trop fort pour moi. Un humain s’approche en souriant, m’attrape par le cou, et me jette dans un grand sac noir.

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