Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PORTE 3F DE L’AÉROPORT
LA PORTE 3F DE L’AÉROPORT

LA PORTE 3F DE L’AÉROPORT

Pièce n°2461
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Balthazar
En compagnie de Nougat
Fait partie de la saga << < Nougalthazar > >>

J’attends depuis une heure ou deux sur un siège à l’entrée de la porte 3F. Il n’y a pas beaucoup de monde. Il n’est que cinq heures du matin ici. Je quitte mon poste un moment pour aller me chercher un café. La carte que m’a donnée la dame de la SPA me permet de payer sans difficulté.

Je suis tendu. J’espère que l’homme ne m’a pas menti, qu’il a bien retrouvé Nougat. Et j’espère que Nougat va bien. L’endroit est grand et lumineux. C’est un aéroport. Je ne pourrais pas trouver de meilleure description. Un avion va décoller dans trente minutes. C’est le seul avion à partir de la journée. J’imagine qu’il n’y a pas beaucoup d’activité. La porte s’appelle “3F”, mais il n’y en a en fait qu’une seule. Je n’ai pas eu de mal à la trouver.

Finalement, un homme s’approche. Il a une balafre sur le visage et porte un sac noir sur son épaule. J’ai l’impression que le sac bouge. Mon sang ne fait qu’un tour.

– Balthazar, c’est ça ? demande-t-il.

– C’est vous qui avez mon chat ? je réponds en me levant.

Sa poignée de main est ferme. Il écrase mes doigts entre les siens.

– Vous avez de la chance. D’habitude, je ne ramène pas mes commandes vivantes. Souvent, on les veut pour faire des manteaux ou des tapis. Mais c’est vrai que le vôtre n’a pas beaucoup de peau sur les os.

– Rendez-le moi, j’exige.

Il rit et son rire m’écœure tellement que je me retiens de vomir mon latte.

– Relax, on a le temps. C’est pas comme si vous aviez un avion à prendre. On n’a pas encore discuté de la rémunération…

Le sac remue, et il donne un coup dedans. Je passe en pilotage automatique, et je sors mon taser. Il n’a pas le temps de réagir. Il retombe au sol. La sécurité se précipite autour de nous.

– Il a frappé mon chat ! je m’exclame.

Ce doit être une explication suffisante, parce que l’un des gardes lui donne un coup de pied dans le ventre, puis ils soulèvent le braconnier sans ménagement et l’entraînent vers la “prison des gens méchants qui s’en prennent aux animaux”.

Je ne me focalise pas davantage sur l’aspect loufoque et illogique de ce que nous venons de vivre, et je me précipite vers le sac et mets ma main dedans. Nougat feule et me griffe. C’est bien mon chat, ça. Lorsqu’il me reconnaît, il se précipite dans mes bras. Je sais qu’il déteste ça, mais je ne peux pas m’empêcher de pleurer dans sa fourrure. J’ai eu si peur. Mon petit chat est enfin en sécurité.

Pour s’excuser d’avoir laissé entrer un homme aussi vil dans l’aéroport, un responsable nous offre deux places dans le vol qui va partir, pour une destination paradisiaque. Une île tropicale où beaucoup de gens passent des vacances, apparemment.

J’accepte. Mon chat a bien mérité des vacances, après tout ce qu’il a vécu. Et dans ce château, on ne sait jamais où on va mettre les pieds. C’est rassurant aussi de prendre un vol vers une destination connue. Je prends la brochure qu’on me tend, et je nous emmène vers l’avion.

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