Pièce n°2447
Écrite par Didou
Explorée par Détective Poivre
— Qu’est-ce que c’est que ça, Partenaire ?!
Les pattes plaquées sur ses oreilles, Cracotte hurle tandis que résonne pour la énième fois la sonnerie d’un téléphone dans l’appartement.
— J’aime pas ça ! Fais que ça s’arrête. Partenaire !
Son béret est tombé au sol. La fleur qui le surplombe n’apprécie pas le bruit non plus et s’est recroquevillée sur elle-même. Je m’appuie contre ma canne.
Le couloir où nous nous trouvons est étroit. Cracotte et moi y tenons à peine de front. L’éclairage est mauvais, seule une faible ampoule permet d’y voir mais, à l’heure actuelle, cela n’a aucune importance. Le hurlement du téléphone est bien suffisant pour s’orienter.
Je me dirige vers la source du bruit, grimaçant à mesure que je m’approche et décroche un téléphone comme on n’en fait plus. Simple. Élégant. Digne des plus grands gentlemen.
— Détective Poivre, j’annonce tandis que la sonnerie cesse enfin et que Cracotte s’affale au sol avec un soupir de soulagement.
— Vous êtes en danger !
J’éloigne l’appareil avec un juron, prends soin de le tenir à bonne distance de mon oreille tandis que l’autre répète :
— Vous êtes en danger !
Sa voix est reprise en écho par une centaine, des milliers d’autres. Un brouhaha infernal l’entoure, au point que je me demande s’il entend même les mots qu’il crie.
— Nous avons une fuite de données ! Votre couverture ne tient plus. Confirmez !
— Je confirme, je réponds, évaluant déjà tout ce que cela implique.
— Confirmez !
— JE CONFIRME !
— Bien. L’Ordre vous souhaite bonne chance pour la suite. Vous êtes en danger !
L’autre a oublié de raccrocher, est déjà passé à la personne suivante. Je le maudis intérieurement, fais claquer le combiné contre son support puis me tourne vers Cracotte.
Une fuite de données. Ma couverture grillée. Celle des autres agents également. Et au milieu de tout ça, le rêve magique que nous venons de quitter ainsi que les perles. Ma retraite ne m’a jamais semblé aussi loin.
— Mon brave, je souffle en étirant mes vieilles articulations et en me tournant vers Cracotte, nous n’avons plus de temps à perdre. Le devoir nous appelle.