Pièce n°2381
Écrite par Flominou
Explorée par Pioupiou
– Bonjour Monsieur, nous avons une alerte d’infection de niveau 6. Vous ne devriez pas entrer ici.
J’ignore la petite ingénieure malingre qui croit pouvoir me dire ce que je dois faire ou non et j’observe le laboratoire principal de la cellule de recherche sur le potentiel d’utilisation des plantes. Au centre se trouve une grande cuve d’un bon mètre de diamètre et deux de hauteur. À l’intérieur, une sorte de mousse orange prospère sur l’ensemble des parois. Le problème : la cuve est fissurée et la mousse contamine peu à peu l’ensemble du labo. Les ingénieurs courent dans tous les sens. Certains tentent de sauver leurs expériences, d’autres de contenir l’expansion de la mousse. Contre la cuve principale, j’aperçois également trois cadavres, complètement recouverts de mousse.
– Qui est l’ingénieur général ?
– C’est… moi, Monsieur.
– Toi ? Qui t’a nommé à ce poste ? Tu es une incapable.
L’ingénieure s’aplatit en baissant la tête. Elle est encore plus ridicule quand elle a honte et peur.
– C’est vous Monsieur…
En effet, j’avais oublié.
– Que se passe-t-il ici ?
– Comme demandé, en prévision d’une future utilisation dans les Terres de Sable, nous testions la résistance à la chaleur de la Najaña. Malheureusement, le matériel fourni par les Moyens Généraux n’est manifestement pas aux normes et notre cuve de confinement n’a pas supporté le pic de température à 100°C.
Une spore de Najaña atterrit sur la chevelure de l’ingénieure. Elle ne semble pas la sentir et continue.
– Depuis, notre future arme se retourne contre notre laboratoire. Si rien n’est fait dans les dix prochaines minutes, la contamination s’étendra au reste de la C-RPUP.
L’ensemble de ses cheveux sont désormais oranges. Une spore se dirige droit vers mon visage. Je l’intercepte avec ma manche de costume.
– J’ai appelé le S-CDF, ils devraient arriver d’ici une minute.
– Le service crémation et départ de feu ? N’y a-t-il pas une autre solution moins extrême… ? Nous risquons de perdre l’ensemble de nos recherches sur la Najaña.
– Alors dépêchez-vous de prélever un échantillon.
– Bien Monsieur, tout de suite.
La mousse s’étend sur mon costume. Bientôt, l’ensemble de ma manche sera contaminé. Je retire précipitamment mon costume. Quelques regards se tournent vers moi. Mon physique de bodybuilder a toujours attiré l’attention. Je l’avoue, j’apprécie ces regards envieux. D’autant plus depuis… mes transformations non désirées.
L’ingénieure rachitique, au visage désormais entièrement contaminé, revient et me tend une fiole contenant un échantillon de Najaña. Je la récupère en prenant bien soin de ne pas toucher la pestiférée et me dirige vers la sortie.
Un de mes assistants entre, suivit des agents du S-CDF, équipés de lance-flammes.
– Non. Vous arrivez trop tard. Sortez.
Je les pousse vers la sortie. Mon assistant trébuche et tombe. Je le rattrape avant qu’il ne touche le sol, le soulève et le charge sur une de mes épaules, comme un vulgaire sac à patate. J’actionne le levier d’autodestruction du laboratoire et je sors juste avant la clôture définitive des lieux. D’un dernier coup d’œil en arrière, j’aperçois trois ingénieurs, ou plutôt trois masses oranges, tapper contre la vitre de la porte du sas de décontamination.
Puis la procédure d’autodestruction s’enclenche.
Waouh, deux consignes en une seule pièce, quelle efficacité ! Le champignon (?) que tu décris est assez terrifiant et la destruction finale de la pièce me fait trembler. C’est une idée intéressante que certaines pièces puissent en elles-mêmes être contenir un levier d’autodestruction… ou pas. Je n’avais pas du tout pensé à son utilité pour des activités secrètes/dangereuses/espionnage et compagnie !
Ouaip bah Pioupiou c’est clairement pas un bon gars. Je viens juste d’utiliser de la mousse orange pour mon boulot. Elle est expansive donc elle aussi elle déborde de là où elle devrait être contenue. Ça ne m’a pas du tout fait flipper de lire ta pièce…