Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
L’UNITÉ DE CORRECTION
L’UNITÉ DE CORRECTION

L’UNITÉ DE CORRECTION

Pièce n°2382
Écrite par Flominou
Explorée par Pinpin

Je fall in une big cave lugubre, sur une chair en métal fixée au ground. Des men habillés tout en black et ayant le face caché par une cagoule m’attachent à la chair with des sangles en cuir.

Je look around me : la cave semble infinie. Des milliers de chairs similaires à la mienne, toutes occupées. Un macaque violet on the left, une femme-robot on the right, un… extraterestre (je ne vois pas ce que cela pourrait être d’autre) in front of me, etc. Certains semblent être là depuis longtemps. Very longtemps. Tellement longtemps qu’une sorte de lierre grisâtre leur pousse dessus.

– What the fu…

On ne me laisse pas le time de finir. One of my tortionnaires me fourre un bâillon dans le bec tandis que les autres me posent des électrodes sur le crâne puis fixent des lunettes devant mes eyes. L’un d’eux me chuchote alors :

– Salut le British, il parait que tu as trop de certitudes. Ici, on va t’apprendre à toutes les perdre. Et pour ça, il va falloir te remodeler un peu. Déjà, tu vas apprendre à penser en français. Le reste, on s’en occupera lorsque tu auras appris cette première leçon. Bienvenue à l’unité de correction et bonne séance…

Il dépose un casque audio au niveau de mes orifices auditifs et an old movie commence. Équipé like je le suis, je n’entends et ne see rien d’autre que le movie. Je suis completly coupé du world. Seul l’espace entre mes eyes et les lunettes me permet d’apercevoir le bas de mon body.

C’est un Louis de Funès. I love these movies ! AÏE !!! Les électrodes m’ont envoyé une décharge électrique dans tout le corps. Why ? AÏE !!! Fucking… AÏE !!! Son of a b… AÏE !!! Putain mais ils vont arrêter ! Tiens, ils ont arrêté. Weird… AÏE !!! I don’t underst… AÏE !!! Please… AÏE !!! Pitié… c’est fini, ils ont arrêté ! Quel soulagement ! I’m so happy ! AÏE !!! Fuck ! AÏE !!! Putain de merde !!! Plus rien. Je suis perplexe. Je crois que j’ai compris. Dès que je pense en anglais, ils m’envoient une décharge. What a torture ! AÏE !!! Hypothèse confirmée.

Je fais de mon mieux pour penser en français. C’est difficult difficile. Du coup, je préfère ne plus réfléchir et je me plonge dans Les Gendarmes de Saint-Tropez. Il est drôle ce film.

Une fois terminé, la suite commence : Le Gendarme à New York. AÏE !!! Punaise, à chaque fois qu’ils parlent anglais, je reçois une décharge. AÏE !!! Sauf que ce film se passe littéralement dans un pays anglophone. AÏE !!! C’est vraiment sadique ça. AÏE !!!

Une heure et demie plus tard, à mon grand soulagement, le film se termine. On passe au troisième… Puis au quatrième… Puis quand la saga est terminée, on passe à un autre classique du cinéma français… Et un autre… Again and again… AÏE !!! Encore et encore…

Aucune pause, jamais. Ayant les mains attachées, pas moyen de me boucher les oreilles. J’arrive tout de même à somnoler un peu, par intermittence. J’arrête de compter les films au 173e. Je perds totalement la notion du temps.

Une fois l’ensemble du cinéma français visionné, on passe aux séries. Super.

Un jour (ou bien une nuit, je n’en sais rien), je m’aperçois que le lierre gris a commencé à pousser sur ma chaise également. Au fil des épisodes, une pousse s’enroule lentement mais sûrement autour de mon ventre duveteux. Je remue mon corps comme je le peux mais rien n’y fait, pas moyen d’empêcher sa lente invasion.

Une idée me vient alors : et si le lierre poussait sur mes liens ? Il pourrait les fragiliser et me permettre de me détacher ! j’arrête d’essayer de repousser la plante et j’essaie plutôt de la rediriger lentement vers les lanières en cuir.

La procédure est longue… très longue… tellement longue qu’on arrive à la fin des séries françaises. Dieu merci, Le jour où tout a basculé m’a presque rendu fou. On recommence donc les films… Une boucle sans fin. Je me demande depuis combien de temps je suis ici. Des semaines ? Des mois ? Des années ? Étrangement, je ne ressens ni la soif, ni la faim.

AÏE !!! Putain de films français avec des personnages anglophones ! AÏE !!!

Aujourd’hui, c’est le moment ! Le lierre a attaqué la sangle de mon aile gauche. Celle dans laquelle je cache mon couteau. Parfait. Après trois ou quatre films d’efforts, j’arrive à me libérer. Je détache mes autres membres à l’aide de mon couteau et je retire tous les instruments de torture de ma tête.

La cave n’a pas changé. Les autres prisonniers sont toujours là. Mes tortionnaires, eux, ont disparu. Tant mieux. Je m’extraie de ma chaise de torture et explore les alentours. Une branche de lierre a pris racine dans mon bas-ventre et traîne derrière moi. De peur de m’arracher des organes vitaux, je ne l’arrache pas. Je l’enroule autour de moi et pars en exploration.

Pas moyen de trouver une sortie. La cave s’étend à perte de vue, sans même un mur ou une cloison à détruire pour s’échapper. Je commence à désespérer.

Soudain, l’homme attaché à la chaise à ma droite émet un râle glaçant en se tordant de douleur puis retombe sur sa chaise. Je crois qu’il est mort… Sa chaise se met à trembler. Sous ses pieds, une lumière bleue éblouissante illumine le sol et la chaise est aspirée. On dirait une sorte de portail dimensionnel…

J’y vois surtout une issue. Je plonge dans la lumière.

<< < Pinpin > >>

Partager...

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *