Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE SARCOPHAGE OÙ JE SUIS ENFERMÉ
LE SARCOPHAGE OÙ JE SUIS ENFERMÉ

LE SARCOPHAGE OÙ JE SUIS ENFERMÉ

Pièce n°2209
Écrite par Didou
Explorée par Altixor

Le noir est complet, total.
Je grogne. Je commence à en avoir assez de toutes ces salles obscures. Je ne suis peut-être plus celui d’avant mais Altixor n’est pas fait pour l’ombre.
Pressé de quitter l’endroit, je fais un pas en avant.
Tente de faire un pas en avant. La réalité me frappe d’un coup : je ne peux pas bouger.
Un cri indigné m’échappe alors. Qui a osé ?! Qui…
Lui.
Mon précédent combat, si on peut appeler ça un combat, me revient en mémoire et je sens mon cœur se révolter.
Lui. Lui. Lui… moi.
Je me débats, contracte mes muscles mais rien n’y fait. Je reste enchainé, mes bras collés contre ma poitrine, à l’étroit dans une enveloppe qui ressemble fort à un sarcophage.
L’odeur caractéristique de l’or et deux disques glacés posés sur mes paupières m’assurent qu’on m’a préparé pour un voyage que je n’ai jamais accepté d’entreprendre.
La rage gronde en moi. M’inhumer ? Moi qui fus au-dessus des dieux ?
De nouveau, je rue, je m’arc-boute, je fais craquer tout ce que je peux encore faire obéir de mon corps. La fureur pulse dans mes veines, ravive des forces que je croyais dissipées et chaque spasme martèle la même certitude : je ne resterai pas là.
Je ne resterai pas là.
Je ne resterai pas là.
Mais les secondes deviennent des minutes, les minutes deviennent des heures, et les heures… je ne sais plus. Mon sens du temps s’effiloche.
Je continue pourtant de me raidir, de me tendre, de forcer chaque articulation. Encore et encore.
La douleur n’est plus qu’un écho lointain, une information que je repousse sans y prêter attention.
Sortir d’ici.
Retourner à la vie. Cette seule pensée m’obsède. Je ne veux pas mourir. Pas déjà. Pas comme ça.
Pas sans être redevenu l’être formidable que j’étais.
Un geignement franchit mes lèvres. Lui ne se serait jamais retrouvé dans une telle situation. Aucune puissance n’aurait pu l’enfermer, un misérable sarcophage ne pourrait contenir sa grandeur.
Se débattre. Encore. Toujours.
Gagner quelques millimètres de liberté. Recommencer durant des heures, des années, des siècles.
Des siècles et des siècles et des siècles.

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