Pièce n°2516
Écrite par Sol'stice
Explorée par Lagio
J’ai mal à la tête. J’ai froid, à moitié avachi dans l’eau là où la purge m’a déposé. Je suis trop las pour bouger mais il faut que je retrouve Muiri. D’autant plus que j’entends des voix qui approchent, entrecoupées d’une sorte de crépitement. Quand j’essaie de bouger, mon corps est trop lourd pour obéir. La fatigue n’est pas sa seule excuse, empêtré dans un épais feuillage comme il est. Muiri est probablement coincé dessous lui aussi. Quand j’ouvre les yeux, les feuilles sont partout, il n’y a plus de plafond, plus de murs. Celles dorées semblent luire, et leur intensité s’accroit quand le crépitement retentit. Il est de plus en plus près, comme les voix. Je croyais que je ne comprenais rien à ce qu’elles racontaient à cause de la migraine, je réalise maintenant qu’elles ne parlent pas la même langue.
Le crépitement est tout proche maintenant, et les feuilles juste à côté disparaissent, carbonisées, en même temps qu’une chaleur insupportable me submerge. Elle s’interrompt dans la foulée, le crépitement aussi. Juste devant moi, la gueule d’un lance-flamme, et au bout de ce dernier, deux individus entièrement dissimulés dans des combinaisons, un masque sur le visage. Leur conversation s’est tue. Je crois qu’ils sont surpris de me voir ici. Ils se reprennent toutefois plus rapidement que moi. Celui qui ne tient pas le lance flamme m’empoigne, m’arrache au feuillage et me pose, debout, là où il n’y a plus de végétation mais une forte odeur de brûlé. Il ôte méthodiquement tous les débris de plante qui s’accroche à moi, me tapote sur l’épaule et se détourne. Déjà son camarade a rallumé le lance flamme et la plante a progressé sur la zone dégagée pendant leur courte pause. Leur conversation a recommancé, leur avancée et leur tâche ardue aussi. Au dernier moment, je reprends mes esprits.
— Attendez ! Vous… vous n’auriez pas vu mon frère ? Il… il doit être quelque part là-dedans et…
Celui qui m’a relevé se retourne, son visage inexpressif presque curieux par-dessus son épaule. Il a un geste de congédiement vers l’arrière, sans que je ne sache s’il m’indique où trouver Muiri ou s’il veut juste que je parte. Je suis presque certain qu’il n’a pas compris ma question. Faute de mieux, je suis son indication.
J’espère que ces individus dont de loyaux sujet de l’Ordre. Toujours là pour rétablir l’ordre !
Bon, la situation est préoccupante, les plantes n’ont pas l’air de se laisser faire si facilement mais au moins Lagio va bien. J’espère que c’est aussi le cas pour Muiri.