Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA CABINE DE LA GRANDE ROUE
LA CABINE DE LA GRANDE ROUE

LA CABINE DE LA GRANDE ROUE

Pièce n°1952
Écrite par Didou
Explorée par Hector

Si le Château essaie de me faire passer un message, il s’y prend de la bonne manière.

Je tourne en rond.

D’abord dans cette foutue machine à laver. Et maintenant, prisonnier d’une grande roue qui semble ne jamais devoir s’arrêter.

Je grogne et la vitre face à moi me renvoie l’image d’un être aux abois. Il y a peu, je me pensais capable de retrouver Sora en un rien de temps. À présent…

Mon poing s’abat sur le verre avec la même efficacité que mon poignard quelques minutes plus tôt.

Bon sang ! Mon fils m’attend quelque part, sans doute en grand danger et moi, je… je…

Moi, je refuse de l’abandonner une nouvelle fois.

Un autre coup puis un troisième. Mes phalanges me brûlent et la douleur remonte jusqu’à ma mâchoire, y laissant un goût de fer.

Que m’importe. Je continue de frapper. Encore. Et encore.

Jusqu’à ce que je réalise que mes tentatives ne sont pas complètement inutiles. Pas que la vitre soit fissurée ou quoi que ce soit d’autre.

Mais j’ai désormais la certitude que chaque coup accélère la vitesse de rotation du manège. Et s’il s’agit là de mon unique moyen d’y échapper…

Bam. Bam. Bam.

Je frappe, frappe, frappe. Je frappe au point que le paysage de fête foraine devient flou, que mon estomac se soulève, que mes organes se déplacent à l’intérieur de moi. Je frappe au point d’entendre le grincement de l’essieu. Je frappe au point de décrocher ma cabine de l’ensemble.

La soudaine propulsion me colle contre la vitre et la vitesse à laquelle nous allons m’arrache quelques larmes. Mais le pire est à venir.

À bout de son effort, freinée par la résistance de l’air, la cabine ralentit enfin. Et si j’ai un soupir de soulagement lorsque mes pieds retrouvent contact avec le sol, mon répit est de courte durée.

Car après l’horizontalité, ma cabine se retrouve en chute libre. Je suis plaqué au plafond. Descente verticale. Vitesse maximale.

Je ferme les yeux. Serre les dents.

Trois. Deux. Un. Impact.

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