Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LES ESCALIERS DU CATHEDRHALL
LES ESCALIERS DU CATHEDRHALL

LES ESCALIERS DU CATHEDRHALL

Pièce n°1991
Écrite par Allyss Obsidienne

Si l’histoire de ma vie devait commencer quelque part, ce serait là, devant ces grandes portes de marbre. Je venais de très loin, d’un royaume que je ne reverrais jamais, même si je ne le savais pas encore. Le goût de l’aventure et l’envie de voyager m’avaient amenée, l’épée à la ceinture, devant une structure comme je n’en avais jamais vu auparavant. J’avais pourtant vu tant de châteaux, tant de palais, au cours de mes aventures ! Mais ce château-se distinguait de tous les autres. D’abord, on le voyait à des centaines de lieues à la ronde ; ensuite, il était tellement énorme que même le ciel semblait petit en comparaison. Enfin, il faisait peur. Très peur. Une chevaleresse telle que moi ne pouvait résister à l’envie de le visiter, de découvrir ses occupants et d’affronter ses dangers.

Quand je touchai le marbre froid de ses portes, le paysage changea instantanément autour de moi. Je me retrouvai dans un endroit très sombre, aux formes trop floues pour reconnaître quoi que ce soit. J’avais été téléportée, mes yeux avaient besoin d’un peu de temps pour s’habituer à cette luminosité différente. Quand, enfin, je pus observer ce qu’il y avait autour de moi, je restai sans voix, les yeux écarquillés.

Comment décrire une chose pareille ? Je me tenais sur une plateforme du même marbre que les portes, de laquelle partaient des escaliers descendant et montant dans tous les sens. Il y en avait des gros, des petits, des colorés, des noirs, des transparents, des cassés, des vieux, des neufs. Avec rambarde, sans rambarde, de grandes marches, de petites marches, les deux, des fleurs, des trous, des yeux. En bois, en pierre, en or, en feuilles, en plumes. Tous droits, biscornus, en colimaçon, à l’envers, en mouvement. Aucun escalier ne ressemblait à un autre. Certains semblaient se détester, d’autres avaient l’air de se faire des câlins. J’avais l’impression d’entendre des murmures, comme si les escaliers se parlaient, parlaient de moi. Dans cette pièce, j’étais la seule à ne pas être un escalier.

Les grandes portes de marbre avaient disparu. Ma soif d’aventure m’empêcha de m’inquiéter à ce sujet. Je n’avais qu’une hâte, m’engager sur l’un de ces escaliers à l’aspect si étrange, si irréel. Était-ce de la magie ? Je n’en avais aucune idée. Pleine de questions, je remarquai un petit escalier sombre, qui descendait vers l’inconnu. Il avait l’air tout à fait normal mais, quand je posai le pied droit sur la première marche, celle-ci s’illumina et couina. Le pied gauche déclencha un couinement un peu plus fort. Le pied droit, un cri. Je compris que je faisais mal à cet escalier en marchant dessus. Je voulus faire demi-tour mais constatai avec effroi que la plateforme derrière moi avait disparu, ainsi que tous les autres escaliers. Je n’avais pas d’autre choix, je devais poursuivre mon chemin.

Alors, dans les couinements de l’escalier, je dévalai celui-ci le plus vite possible. C’était le début de mon aventure.

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