Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE THÉÂTRE AU PARQUET SALE
LE THÉÂTRE AU PARQUET SALE

LE THÉÂTRE AU PARQUET SALE

Pièce n°2018
Écrite par Didou
Explorée par Détective Poivre

Pièce du Casteltober 2025 - Jour 2 : poème

La main sur le cœur, je prends une longue inspiration et déclame :

— Bleu comme la mer qui berce les adieux. Gris comme la brume aux songes défaits. Noir comme le soir qui tombe dans les cieux. Rouge comme un cœur qui jamais ne se tait. Blanc comme….

— Rassurez-moi. Vous comptez pas faire toutes les couleurs, dîtes ?

L’offense me fait rougir d’agacement. Voilà ce que c’est de posséder un talent que le commun des mortels est trop limité pour comprendre. Le menton droit, j’effleure ma moustache avant d’incliner mon chapeau face au concierge.

— Monsieur, si ma prose vous déplait, je cesse et me retire avec politesse.

Je saute aussitôt de l’estrade, fronce les sourcils.

— Faut pas le prendre comme ça, me répond l’autre. Seulement, je crois qu’il faut se contenter de faire ce pour quoi on est doué dans la vie. Et les poèmes c’est pas trop votre truc, m’voyez ?

Mais je ne l’écoute plus. Mon regard a été attiré par une trace sur le sol. Un liquide rougeâtre, mêlé à un orange plus épais. Je tombe à genoux, faisant fi de la douleur dans mes articulations.

Le nez collé contre ma découverte, je la renifle. Pas d’odeur, celle du détergent utilisé par le concierge prenant le pas sur toutes les autres. Dans ce cas… j’y trempe l’auriculaire et le ramène à ma bouche.

« Oh. »

— Mon brave ? je demande en tendant la main. Voudriez-vous bien m’aider à me relever ?

— Pour sûr que je peux.

Sous ses faux airs fatigués, le concierge se révèle posséder une force d’acier et me remet sur pied en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je le remercie d’un sourire puis, ma canne en guise d’appui, remonte sur scène.

— Vous n’allez quand même pas…

— Rassurez-vous. Plus de poème. Mais aucun point de vue n’est meilleur que celui-ci.

L’autre ne comprend pas et je ne me perds pas dans davantage d’explication. Du haut de ma position, je plisse les yeux, observe la minuscule pièce de théâtre sans rien trouver d’autre qui attire mon attention et hoche alors la tête.

— Bien, il semblerait que je n’ai plus rien à découvrir ici. Mon brave, je vous souhaite une belle journée.

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