Pièce n°2144
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
Je trébuche et tombe en avant, me cognant les genoux et les paumes sur le sol de dalles irrégulières. Il fait noir, ou presque. Un rai de lumière s’égare jusqu’ici par le couloir qui semble le seul accès entre les pierres massives qui composent aussi bien les murs que le sol ou le plafond. Il éclabousse, par accident on dirait, les fresques effacées par le temps sur les parois, les squelettes émiettés au sol et, surtout, le cube noir d’un mètre de côté en lévitation. Rien pour le retenir, ni au-dessus, ni au-dessous, j’ai vérifié alors que j’aurais sans doute mieux fait de m’en aller immédiatement. Oui, j’aurais mieux fait de partir plutôt que de poser ma main sur le cube, sur sa matière aussi noire que la porte que j’ai franchie. Aussi glaciale que… que… je n’ai pas de comparatif à la sensation qui me mord la paume et m’engourdit le bras. Le plus froid des hivers, le plus absolu des zéros au fin fond de l’espace. Et, au milieu de sa face, une fente semblable à celle qui s’est ouverte sur la porte pour me laisser passer. Le grelot du lutin, qu’il secoue vigoureusement comme il se pend à ma manche pour me supplier de partir, me sort de l’hébétude proche de la transe dans laquelle j’étais. Je recule, titube vers la sortie sans parvenir à lâcher des yeux la masse plus sombre que l’obscurité qui l’entoure. L’autre est enfermé de l’autre côté. J’ai réussi à sortir. Il ne doit jamais y parvenir. C’est la seule chose qui m’occupe l’esprit tandis que je m’engouffre à reculons dans l’étroit couloir sans faire attention à la lueur bleuté qui émane à mon côté.