Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PIÈCE OÙ SE CACHENT LES OISEAUX POUR MOURIR
LA PIÈCE OÙ SE CACHENT LES OISEAUX POUR MOURIR

LA PIÈCE OÙ SE CACHENT LES OISEAUX POUR MOURIR

Pièce n°2371
Écrite par Didou

Elle en a parcouru du chemin.  Je le vois à sa façon de voler, à son aile gauche qui ne bat plus vraiment, à la lueur qui s’allume dans son regard lorsqu’elle découvre qu’elle a atteint sa destination.

Étrange lieu que cette pièce. Immense, à tel point que je n’en ai jamais découvert un seul mur, elle est ouverte aux quatre vents et semble flotter juste en dessous des nuages. Le paysage de ces derniers est fascinant. Je pourrais les regarder des années durant, à dériver selon les courants, sans jamais me lasser. Il faut dire que l’autre alternative : baisser les yeux vers le sol, est effrayante. Je n’ai pas compris tout de suite, lorsque je suis arrivé, quel était cet amas d’un blanc passé qui recouvrait l’horizon. J’aurais préféré ne jamais le savoir.

L’hirondelle entame une descente maladroite. Elle tournoie comme si elle n’était qu’une poupée de chiffon ballotée par la plus féroce des tempêtes. Je crains qu’elle ne puisse jamais se poser. Elle y parvient, pourtant. Sans doute un dernier reste de volonté, sans doute son voyage l’a-t-il armée d’une détermination sans faille. Les secondes qui suivent me donnent raison.  Son regard se tourne vers moi. Un dernier frémissement agite ses ailes puis la lueur dans ses yeux s’éteint et elle se laisse tomber au milieu des restes de ses congénères.

Son voyage est terminé. Une autre l’effectuera bientôt. Après tout, c’est dans cette pièce que les oiseaux se cachent pour mourir.

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