Pièce n°2414
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
Je sais ce qu’il y a dans la boîte à musique.
Je sais ce qu’il y a dans la boîte à musique.
Je sais ce qu’il y a dans la boîte à musique.
Tout mon corps se recroqueville autour dès que je me réveille. L’instinct me submerge avant d’ouvrir les yeux, avant de regarder où je suis, avant même de me rappeler comment je suis arrivé là. Mes doigts se crispent dans le tissu qui la recouvre, se rassurent au contact dur du bois ornementé au travers, son poids familier contre ma poitrine. Les paupières plissées, je m’accroche aussi longtemps que possible aux images, aux sensations vivaces de ce qu’il s’est passé. Le bal, les étranges rencontres, le rituel. Les murmures. Les perles.
Théomance.
Théomances.
Théomance.
Dans une longue expiration, je me redresse, regarde enfin la précieuse boîte dont j’ai la garde. Les motifs du tissu la protégeant sont les mêmes que le mouchoir que j’avais dans mon costume. Celui-ci a disparu et, de mes doigts nus, j’écarte le tissu. Ils se suspendent juste avant de toucher la boîte. Hésitent. Frôlent ses motifs. Ceux-ci s’illuminent aussitôt de bleu et les murmures s’élèvent. J’ai l’impression de les reconnaître. Les motifs, les murmures. Ils sont dans la même langue que celle utilisée par l’officiant pendant la cérémonie, par l’homme inquiétant, par Émérence et Théomance. L’étrange lumière s’est propagée sur mon corps, là où plus aucun gant, plus aucune manche, ne peut la cacher. Elle porte sous ma peau les murmures et je crois y entendre le nom de Théomance, le frôler du bout du doigt là où le lutin a lui aussi plaqué ses paumes contre le bois. Il lève la tête vers moi, je lui souris.
— On va retrouver la danseuse.
Le tintinnabulement de son grelot a des airs d’approbation. Je sais désormais pourquoi je la cherche. Je protègerai son bien, autant de temps qu’il le faudra, jusqu’à ce que je puisse lui rendre, me promets-je en rompant le contact à regret. L’éclat se ternit, les murmures se taisent, tandis que je renoue le tissu. Le lutin saute dans ma poche quand je me lève, un coquillage tombe des plis de mes vêtements. C’est celui que j’ai trouvé dans la forêt, avant de m’assoupir, et que je glisse dans ma poche. En souvenir. De la forêt, il ne reste plus que des peintures sur les murs, retraçant fidèlement les feuillages densess, les lianes emmêlées, dans des tons colorés, mais les sons qui les habitaient se sont tus. Entre deux troncs, la seule porte de la pièce nous attend.
La première partie est géniale. On ressent avec intensité les sentiments de Loan, ce mystère enfin dévoilé et j’aime beaucoup ce concept de murmure qui se répète au fil des pièces.