Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE DÉSERT OÙ SE PRODUIT L’IMPOSSIBLE
LE DÉSERT OÙ SE PRODUIT L’IMPOSSIBLE

LE DÉSERT OÙ SE PRODUIT L’IMPOSSIBLE

Pièce n°2458
Écrite par Didou

— C’est impossible.

— Mais tu as déjà essayé ?

Je me souviens encore du sourire de papa lorsqu’il m’avait posé la question. Non, je n’avais pas essayé. Personne ne l’avait jamais fait parce que la réponse était évidente. Aucun argument n’avait pourtant pu le convaincre.

Il m’avait tenu tête jusqu’à ce que je cède, par dépit, plutôt que par conviction.

— C’était complètement idiot.

Je souris à mon tour et lève les yeux vers le ciel. Un ciel qui ne ressemble à aucun autre. Deux soleils y brillent, rendant l’air étouffant et brûlant. J’ignore comment je suis arrivé ici. Je parcourais mes montagnes lorsqu’un orage avait éclaté. Pour me mettre à l’abri, j’avais rejoint une grotte et puis… et puis au bout de celle-ci, j’avais trouvé ce désert. Aucune sortie n’y était visible, pas le moindre espoir de retourner un jour chez moi. J’en avais parcouru, pourtant, du chemin. Mais rien, rien. Le désert était sans fin et chacun de mes pas semblait l’agrandir encore un peu.

« C’est impossible. »

Je secoue la tête, fais jouer les muscles de mes épaules puis porte à mes lèvres ma dernière gorgée d’eau. Je sais que je ne sortirai jamais d’ici. Je sais que ce désert, que ce monde inconnu, sera ma tombe. Je me remets toutefois en marche.

Autour de moi, le sable est partout. Il envahit tout, efface l’horizon et empêche la moindre couleur d’exister. Enfin presque.

Mais tu as déjà essayé ?

Je me retourne et cette fois, j’explose de rire.

Non papa, je n’avais jamais essayé de faire pousser une pâquerette sauvage au sommet de nos montagnes. Mais puisque quelqu’un y était arrivé ici, au milieu du désert, alors sans doute que c’est toi qui avais raison.

Rien n’est impossible.

J’étais épuisé. Je n’avais plus d’eau, aucun repère, pas le moindre espoir à l’horizon. Pourtant, je refusais d’abandonner.

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