Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PIÈCE OÙ J’OUVRE LE COURRIER
LA PIÈCE OÙ J’OUVRE LE COURRIER

LA PIÈCE OÙ J’OUVRE LE COURRIER

Pièce n°2568
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Selen
En compagnie de Pioupiou

Pièce du Casteltober 2026 - Jour 11 : Ombre

J’ai mal dormi.

J’ai fait un rêve horrible où le Pr. Plumefer me disséquait comme le serpent que j’ai vu l’autre jour. Il se penchait sur moi, terriblement beau, et il me tuait à petit feu.

J’essaie de ne pas trop y penser, mais ça me poursuit quand je m’habille. J’opte pour ma marinière, et je mets un pull parce qu’il commence à faire froid en ce moment. On sent les économies. Je rate plusieurs fois mon eyeliner et finis par renoncer et ne mettre que du fard à paupières.

Comme une ombre planant sur cette journée qui avait super bien commencé.

La journée continue tout aussi bien.

Je me brûle en apportant le café et mon poignet affiche une belle teinte rosée. Cela me fait tellement mal que j’y sens mes battements de coeur.

Je trébuche en entrant dans le placard où on stocke les colis et le courrier pour le Pr. Plumefer. Il y a peu, j’ai reçu la permission d’ouvrir même les colis qui lui sont adressés personnellement, pour éviter les mauvaises surprises. Certains ont un humour cruel. Depuis que j’ai retrouvé dans un paquet des pilons de poulet cru, je suis convaincu que c’est une bonne idée que quelqu’un filtre ce qui parvient au Pr. Plumefer. Je ne sais pas comment c’était avant que je ne sois là.

Évidemment, les forces de l’ordre vérifient toujours qu’il n’y a rien de dangereux, mais ils se moquent bien du reste. Tant qu’il n’y a pas de bombes…

Le placard est exigu, et je reçois deux fois des paquets sur la tête. Ce n’est pas très douloureux, mais ce n’est pas agréable non plus. En tombant, ils soulèvent des nuages de poussière. Je tousse. Plus vite j’en aurai fini et mieux je me porterai. L’ampoule grésille. J’espère qu’elle ne va pas claquer.

J’ouvre les enveloppes. La plupart sont du spam. Tous les courriers importants lui sont adressés en sa qualité d’ingénieur. Le Pr. Plumefer ne reçoit pas vraiment de courrier de sa famille ou de ses amis. Je ne sais pas s’il a de la famille ou des amis. Je crois qu’il est seul.

J’entends du bruit de l’autre côté de la porte. Il y a deux portes dans le placard. L’une donne sur le couloir, par où je suis entré. L’autre donne sur une petite salle de réunion, souvent utilisée pour les appels en visio. Je reconnais la voix du Pr. Plumefer.

J’ouvre la dernière enveloppe. Une sorte de poudre blanche s’en échappe. Je réprime un hurlement. J’essaie de ne pas bouger mais à cause de la poussière, j’éternue et c’est trop tard, les particules doivent déjà s’être échappées dans l’air.

C’est trop tard pour moi. Je peux encore sauver tout le monde. Dieu merci la ventilation ne fonctionne plus depuis deux jours. Je presse quelques touches sur mon portable, et je déclare la crise. Un code 18 B.

Au moment où le code part, mes jambes cèdent, et je laisse des sanglots m’échapper. Je vais mourir ici, dans un placard où l’ampoule vient de lâcher, où la poussière se mêle à l’anthrax. Il y a des jours où on ferait mieux de rester couché.

– Selen, c’est toi ? demande une voix de l’autre côté de la porte.

Le Pr. Plumefer ! Je hurle : 

– Non ! N’ouvrez pas ! N’ouvrez pas la porte !

Mais la porte est déjà ouverte.

Il va mourir à cause de moi.

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Un commentaire

  1. Whaaaaat ??? C’est quoi ça ? Selen va mourir ? Sa journée était vraiment nulle mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle se termine de cette façon. J’espère fort que c’est une erreur, que c’est juste du sucre ou autre.

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