Pièce n°2604
Écrite par Flominou
Explorée par Pioupiou
En compagnie de Selen
Pièce du Casteltober 2026 - Jour 19 : Tintement
« Ding ! »
Le sas s’ouvre. L’agente du S-MO entre, toujours équipée d’une combinaison étanche.
– Les analyses sont formelles : la poudre contenue dans l’enveloppe est de la farine de riz blanc sans gluten. Vous ne risquez rien. Fin du code 18B. Nous aurions tout de même besoin d’un dernier test de sécurité. Pourriez-vous vous placer dans le sas ?
Selen se lève difficilement. Il tremble et pleure encore, par intermitence. Je le suis dans le sas. Ce dernier se referme derrière nous. Commence alors la procédure de désinfection intégrale par laser.
Temps restant : 5 minutes. 4 minutes et 59 secondes. 4 minutes et 58 secondes. 4 minutes…
Selen et moi-même attendons en silence. Cette procédure est vraiment beaucoup trop lente. Ça en devient vraiment très gênant.
La réaction de Selen face à cette potentielle menace me perturbe. Il semble vraiment très affecté. Et très fragile sur le plan psychologique. S’il continue de se mettre la pression ainsi, il risque le burn out. Il y a un mois, je n’en aurais rien eu à faire. J’aurais même demandé à Réaubal de commencer les recherches pour me trouver un remplaçant. Mais les dernières semaines, et notamment celle durant laquelle l’absence de Selen m’a mis le moral à l’envers, m’ont changé. Je n’ai aucune envie de perdre cet assistant n°3. Sans que je m’en rende compte, il s’est rendu indispensable. Non seulement par son travail, mais aussi et surtout par sa personnalité. Je me racle la gorge.
– Hum… Selen… tu devrais prendre un peu de temps pour toi, histoire de décompresser un peu. Si tu le souhaites, je peux également te donner le contact d’une bonne psychologue, ça pourrait peut-être te faire du bien. Si tu le souhaites, bien sûr… Oh et après ce que tu as vécu ce matin, tu devrais aussi prendre ton après-midi aujourd’hui, d’accord ?
« Ding ! »
Le tintement de fin de la procédure fait sursauter Selen. Il pousse la porte en marmonnant un timide “oui professeur” et disparaît dans le couloir. Réaubal, qui m’attend de l’autre côté du sas, le regarde partir avec un air dédaigneux. Je me note intérieurement de faire plus attention aux tensions qui pourraient exister entre mes assistants.