Pièce n°2180
Écrite par Najcha
Explorée par Ange Santrouille
Fait partie de la saga << < Les enquêtes d'Ange Santrouille > >>
Pour ma plus grande surprise, je pénètre dans une pièce à l’odeur musquée, les murs couverts de lourds brocards aux tons pourpres. Quel contraste après l’ambiance brutaliste du bureau de la sociologue ! J’ai presque l’impression d’avoir pénétré dans un château dans le Château…
Clic. « L’agencement des pièces ne s’embarrasse plus de cohérence spatio-temporelle. Ma commanditaire semble moins fiable que je ne le pensais : ce réduit ne comporte pas la moindre trace d’un ennemi, ou, comme elle le prétendait, d’un rival… »
…à moins que soit dissimulé, derrière ce paravent vénitien, un couturier particulièrement belliqueux. Posant ma main sur le fourreau de mon couteau (cadeau d’un cuisinier compatissant, lors d’une précédente enquête), j’étire mon cou pour apercevoir ce qui est dissimulé dans l’angle mort de la pièce.
Personne.
La tension qui contracte mes cervicales m’accorde une brève trêve. Je me glisse derrière le paravent et m’écrase avec bonheur sur le tabouret rembourré qui y est installé. Moins reposant qu’un canapé, mais enfin ! L’amorti des tentures contre lesquelles je m’adosse est assez inhabituel pour me contenter.
Mon regard balaye l’alcôve. Plusieurs immenses robes, lourdes de perles et de pierreries, patientent sur des mannequins. Je ne sais qui peut se permettre des tenues aussi contraignantes en ces lieux où le danger ne prend pas la peine de frapper avant d’entrer. Quoique. Les baleines préservent du combat rapproché et ces corsets présentent peut-être quelques vertus pare-balles…
À mon côté, une petite desserte présente plusieurs parures. Un diadème couvert de papillons dont les ailes battent en rythme, un collier à trois rangées de perles nacrées, qui me semble presque immatériel et une broche, sur laquelle est fiché un gros coquillage spiralaire. Mon doigt en caresse le pourtour. Il pourrait peut-être me servir à boire plus aisément, lorsque ma route croise une fontaine ou un ruisseau. Ni une, ni deux, je le glisse dans ma besace.
Il me faudrait repartir mais cette ambiance feutrée me berce… et m’emporte dans les bras du Maître des Songes.
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Ange avec un couteau 😮
Ça me fait bizarre de l’imaginer ainsi armée mais c’est sans doute plus prudent dans le Château. La pièce est super bien décrite, ça donne un avant goût de la pièce 2000 ! Et j’adore le pourquoi elle embarque le coquillage.
Non mais un couteau c’est comme un portefeuille dans le Château…