Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA RÉSERVE OÙ JE RANGE LE CAFÉ
LA RÉSERVE OÙ JE RANGE LE CAFÉ

LA RÉSERVE OÙ JE RANGE LE CAFÉ

Pièce n°2272
Écrite par Didou
Fait partie de la saga << < Vent de Révolte > >>

— Et un carton, un !

Un large sourire aux lèvres, je dépose le colis dans la réserve, l’ouvre d’un coup de cutter puis me tourne vers la dame au brushing passé qui ne m’a pas quitté du regard.

— Du vrai grain à moudre, j’apprécie en lui montrant l’emballage d’un sachet. Si vous voulez m’offrir un café un jour, ce sera avec plaisir !

Ma proposition ne l’atteint pas. Elle rehausse ses lunettes carrées sur son nez et me répond d’un ton cassant :

— Parce que vous n’avez rien de plus important à faire ? Si vous prenez une pause dans chaque bureau où vous allez, je ne me demande plus pourquoi le courrier arrive toujours en retard. À ce sujet, enchaine-t-elle, on m’a signalé que certains plis avaient tendance à disparaitre.

— Ah vraiment ?

Mon sourire ne m’a pas quitté. Pas davantage que le cutter dans mes mains. Maintenir l’illusion me coûte pourtant. Mes mains tremblent, mon cœur tambourine. Je sors la lame et me rapproche de la secrétaire.

— Vraiment, confirme-t-elle. Et devinez ensuite à qui l’on vient reprocher ça ? Hum ? J’ai préparé dix-huit lettres, poursuit-elle une nouvelle fois sans me laisser répondre. J’entends que les dix-huit arrivent à destination. Est-ce que nous nous sommes bien compris, jeune homme ?

— Mais parfaitement.

Je désigne mon sac de courrier, déposé à l’entrée de la réserve.

— Tout sera livré aux bonnes personnes en temps et en heure, je peux vous l’assurer.

L’autre a un mouvement de tête satisfait.

— Bien, du moment que tout est clair. Je ne vous retiens pas.

Elle ouvre alors la porte de la réserve dans un geste sans équivoque. Je m’empresse de récupérer mon sac puis de la saluer.

— Ce fut un plaisir, Mme Rose, comme toujours.

— C’est ça, c’est ça.

Je souris en la dépassant et range mon cutter dans la poche arrière de mon pantalon. Ce n’est qu’une fois dehors que je me laisse aller à hurler mon soulagement et à enfin respirer normalement.

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3 commentaires

  1. Oh non, désolé. J’étais persuadé que c’était acté pour Mme Rose et l’Ordre. Pas forcément qu’elle en soit membre mais qu’elle travaille dans un de leur bureau :/
    Si ce n’est pas cohérent avec le reste, on peut modifier le nom.

  2. Ça me fait trop bizarre de voir Mme Rose dans un contexte autre que derrière un bureau. Elle n’a pas l’air commode ! Elle appartiendrait à l’Ordre, donc ? Ça ouvre des possibilités et en même temps ça me perturbe un peu… j’aimais bien la poésie de la secrétaire chargée des statistiques, mais dont les statistiques n’ont d’autre but que d’exister dans un cahier.

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