Pièce n°2311
Écrite par Didou
Explorée par Drev
Fait partie de la saga << < Vent de Révolte > >>
Aucun de nous n’a prononcé le moindre mot depuis notre séparation. Tête baissée, Orvall et moi essayons tant bien que mal de suivre le rythme de Maelie, qui semble se diriger dans ce tunnel sombre comme si elle y a passé toute son existence. Je crispe mes doigts autour de la lanière de mon sac. Le temps où j’étais simple facteur me parait bien loin à présent. Je crois que je le regrette déjà. En un instant et sans vraiment avoir mon mot à dire, j’ai été propulsé au cœur même de la Résistance, moi qui me contentais de lui livrer le courrier dérobé à de vieilles secrétaires. À présent seul avec mes pensées, ce soudain bond en avant m’effraie. J’ai peur. Peur de m’être précipité, peur d’avoir été embarqué malgré moi dans un projet qui me dépasse.
Peur de ne pas en revenir.
Lentement, je lève les yeux vers Maelie. Comme toujours, celle-ci m’apparait plus imposante qu’elle ne l’est vraiment. Ses pas semblent être ceux d’une géante et la détermination qui l’habite renforce cette impression. Aucun obstacle ne saurait lui résister. Elle pourrait foncer droit dans un mur et y creuser un tunnel que cela ne me surprendrait pas. Je serre plus fort la lanière de mon sac, me force à détourner le regard. Si ça continue ainsi, je crains de l’accompagner jusqu’au cœur même du Château. Je tousse et, pour me donner contenance, demande d’un ton bien moins assuré que je ne le pense :
— Et sinon ? Comment on va l’atteindre ce fameux hall d’entrée ?
— De la seule façon possible, me répond Maelie.
Elle accélère davantage encore l’allure et je dois forcer pour tenir le rythme. Heureusement que mes tournées à vélo me gardent en forme. Orvall, lui, a plus de mal. Son visage est rougeaud, il parvient pourtant à me souffler :
— Un téléporteur. On… on n’a pas le choix… que d’utiliser un téléporteur.
Je fronce les sourcils, à la fois agacé de ne pas être parvenu à cette conclusion moi-même et curieux de savoir où mes compagnons comptent trouver un téléporteur dans ce labyrinthe.
— La ligne la plus proche ? Droite ou gauche ? nous interroge Maelie en se stoppant à un tournant.
Orvall n’hésite qu’une fraction de seconde.
— Gauche. On va arriver vers la 10.
« Le Castram ! »
La réalisation se fait dans mon esprit. En l’empruntant, nous pourrons rejoindre un arrêt proche d’un téléporteur. Proche du danger, aussi, sûrement. Je déglutis. Sans autre choix, j’emboite le pas à Maelie qui a déjà presque disparu dans la pénombre du tunnel et m’efforce de faire taire les angoisses qui me tordent l’estomac.