Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA GROTTE OÙ SE JOUE MON AVENIR
LA GROTTE OÙ SE JOUE MON AVENIR

LA GROTTE OÙ SE JOUE MON AVENIR

Pièce n°2300
Écrite par Didou
Explorée par Maelie
Fait partie de la saga << < Vent de Révolte > >>

— Cinq d’entre eux sont morts contre deux des nôtres. Tu as eu ta vengeance, non ? Alors maintenant, si tu veux bien…

— Parce que tu considères que nous sommes quittes ?

Foudre Emeraude se plante face à Loup Gris, dans une imitation de leur précédente confrontation. Si elle accuse deux têtes de moins que lui, c’est pourtant elle qui occupe tout l’espace et notre compagnon est obligé d’esquisser un pas en retrait sous la rage qu’elle dégage.

— Nos vies valent autant que la leur à tes yeux ? Un homme pour un homme, c’est ça ton idée de la justice ?!

Je baisse les yeux, aussi impressionné que si les mots m’avaient été directement adressés. Après l’explosion de notre salle de réunion, nous avons atterri dans une grotte aux parois étroites et les mots de Foudre Emeraude y résonnent avec fracas. Sa voix, déjà puissante d’ordinaire, prend davantage d’ampleur encore ici et la semi-pénombre ambiante accentue l’impression d’un verdict que nul ne peut protester.

— Nous allons leur porter un coup au cœur, affirme-t-elle en portant son poing à sa poitrine. Exactement comme ils l’ont fait.

Je sursaute alors qu’elle se tourne vers nous, vers moi, et demande :

— Depuis quel endroit êtes-vous arrivés dans le Château ?

— Je… l’entrée.

Je déglutis et me reprends avant d’avoir le droit à une remarque cinglante :

— C’était une orangeraie. Quelque chose qui y ressemblait en tout cas.

— Un hall pour moi, enchaine Flamme Noire. Un sacré hall d’ailleurs. On y était une bonne dizaine mais on aurait largement pu tenir à cent.

— Un atelier de câblage de mon côté, fait Energie Verte. Comme ça que je me suis retrouvé à bosser pour l’Ordre.

Foudre Emeraude prend le temps de la réflexion. Les lèvres pincées, elle tapote à huit reprises son index contre sa jambe puis un sourire se dessine sur ses lèvres. Je n’aime pas son sourire. Pas celui-ci en tout cas. Ce n’est pas le sien, pas vraiment. Peut-être parce qu’il ne porte aucune joie.

— Encore mieux que je ne l’avais imaginé.

Elle reporte alors son attention vers Loup Gris et l’interroge sans que je ne parvienne à savoir si elle espère qu’il refuse ou non.

— Est-ce que tu te joins à nous ?

— Seulement si tu me promets qu’aucun innocent ne sera blessé. Et à condition que tu ne nous demande pas de tuer en masse.

— Humhum, répond-elle ce qui ne me rassure guère. Ta première pièce ?

— Le hall également.

— Bien, cela nous fait donc deux groupes.

Elle inspire et ce simple geste semble la grandir encore. Son ombre, éclairée par la faible lueur d’une torche, m’apparait gigantesque. Envoutante. Je plonge mon regard dans le sien et comme elle m’imite en retour, je sens un frisson me parcourir.

— Ton nom ? Ton vrai nom, précise-t-elle alors que j’ouvre la bouche.

Je n’ai jamais eu la gorge aussi sèche.

— D… Drev.

— Et toi ? demande-t-elle à Energie Verte.

Être libéré de ses yeux me coupe le souffle et je n’entends que d’une oreille distraie la réponse de mon compagnon.

— Orvall.

— Bien, dans ce cas, Drev, Orvall et moi, allons nous rendre dans ce fameux hall. Puis nous le détruirons.

— Foudre Emeraude… intervient Loup Gris.

— Maelie, corrige-t-elle avant de poursuivre : il s’agit de l’entrée principale du Château. Tous nos rapports le confirment. En l’explosant, nous limiterons peut-être le nombre de personnes piégées ici. Peut-être même que nous découvrirons une sortie. De votre côté…

— Armelle, souffle Flamme noire devant son haussement de sourcil.

Un instant, je crois que Loup Gris ne va pas répondre mais celui-ci pousse finalement un soupir et marmonne :

— Hadrian.

— De votre côté, Armelle et Hadrian, vous aurez en charge de libérer Aiden. Je crois avoir localisé où il est retenu.

Elle se tourne de nouveau vers moi et, de nouveau, je suis happé par la force de son regard.

— Est-ce que vous avez des questions ?

<< < Vent de Révolte > >>

Partager...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *