Pièce n°2316
Écrite par Didou
Explorée par Altixor
Je suis de retour dans une arène. Non. Pas une arène. Un amphithéâtre. Ce dernier me parait ridicule. Indigne de ma grandeur.
Pourtant, je dois avouer prendre plaisir à entendre la foule scander mon nom et pour attiser la passion de ces tristes âmes, j’écarte les bras.
Mon geste ne manque pas.
Déjà hystérique, le public hurle de plus belle. Les « Altixor » fusent. Des applaudissements et chants à ma gloire résonnent dans chaque tribune, chaque rangée. S’ils le pouvaient, ces gens brandiraient un drapeau géant avec mon visage.
Ils m’aiment.
Tous autant qu’ils sont.
Ils m’aiment et me craignent.
Je souris, me gave de l’instant présent.
Qu’il est bon de retrouver ce qui m’est dû, qu’il est bon d’être de nouveau soi. Pris d’une impulsion guerrière, je dégaine mon épée, la brandis vers le ciel et d’une voix qui prend le dessus sur toutes les autres, rugis :
— AHOU !
Mes adorateurs y voient là un cri de ralliement et s’empressent de le reprendre.
— AHOU ! AHOU ! AHOU !
Je ferme les yeux, mon sourire s’élargissant. Voilà. Voilà ce que devrait être mon existence. Voilà quelle est ma place dans ce foutu Château.
— Qu’on me l’apporte ! je clame. Qu’IL vienne ! Qu’IL ose !
— Qu’IL vienne ! Qu’IL vienne ! Qu’IL vienne !
Hélas, j’aurais dû me douter que mon défi était vain. Les lâches qui ont profité de ma faiblesse se sont sans doute terrés dans l’étage le plus sombre, le plus isolé du Château.
Comme si cela pouvait les préserver de ma vengeance. Nul ne m’échappera. Nul ne pourra se soustraire à mon courroux. Mecelsen entre les mains et sous les vivats nourris du public, je quitte l’amphithéâtre, bien décidé à mener la chasse à mes ennemis d’hier.