Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
L’HÔPITAL SOUS LA TENTE
L’HÔPITAL SOUS LA TENTE

L’HÔPITAL SOUS LA TENTE

Pièce n°2372
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Balthazar
Fait partie de la saga << < Nougalthazar > >>

Il faut que je retrouve mon chat.

J’essaie de bouger, d’ouvrir les yeux, mais je n’y parviens pas. Mon cœur bat à toute allure. Je n’entends rien d’autre que l’écho du cri que j’ai poussé avant de tomber. Je sens quelqu’un me toucher la main, soulever mes paupières, mais je ne vois rien.

J’ai dû me rendormir.

Le bourdonnement dans mes oreilles s’amenuise. Il y a de la lumière au-dessus de moi. Un frétillement. Le bruit d’un néon qui grésille. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux, mais je le devine. Sous moi, des draps trempés de sueur. Tout mon corps brûle. Un énorme coup de soleil, sans doute.

J’ai très mal.

Quelqu’un vient m’enduire de quelque chose de froid, qui colle comme du miel mais coule sur moi et me rafraîchit. Je suis tellement soulagé que je m’endors.

Nougat !

Je me réveille en sursaut. Je me redresse, rejette les draps. Je me retiens avec difficulté au lit quand le vertige manque de me faire tomber en avant. Je me suis redressé trop vite. Mes oreilles vont mieux, mais elles rejouent quand même l’explosion, les hurlements des animaux. C’est une musique désagréable que je ne peux pas faire taire.

Sur la table de chevet, il y a une bouteille d’eau en métal. Je meurs de soif. C’est du café. Tant mieux, ça m’aidera à rester éveillé. Autour de moi, il y a une dizaine d’autres lits sur lesquels semblent mourir d’autres personnes mal en point. Le soleil tape au-dessus de nous, malgré la toile tendue.

Nous sommes dans une tente. J’essaie de me lever, mais je m’affale sur le sable. Une dame vient me remettre sur le lit. Je proteste. Non ! Lorsque je me réveille, il n’y a plus de soleil. C’est le néon. Il éclaire faiblement la tente. Je ne sais pas si des mouches volent ou si ce sont juste les tâches d’ombre que mes yeux fatigués hallucinent. La dame est assise à côté de moi. Elle enlève mes bandages. J’y jette un coup d’œil. Ma peau est parfaite. C’est comme s’il n’y avait pas eu d’explosion. Pas d’incendie.

– Miraculeux, hein ? elle dit.

Sa voix est rauque. La mienne est encore pire.

– Où…?

– En sécurité. Territoire résistant, pour l’instant. Si Dieu le veut, au moins jusqu’à la semaine prochaine.

Elle touche une plaque autour de son cou quand elle dit ça. La même plaque que celle du vétérinaire.

– La semaine prochaine ? je répète faiblement.

La dame me tartine de quelque chose qui ressemble à de la vaseline, mais en beaucoup plus froid.

– Nos informants nous disent que le Fils attend des Échos d’ici le début de la semaine prochaine. Une fois qu’ils seront là, ça ne servira à rien de se battre. Il faudra vider les lieux et aller gagner un autre morceau de terrain plus loin. D’ici là, tu seras rétabli.

Je me suis rendormi. Nougat !

Elle avait raison. Un peu avant l’échéance, tout était rangé, il ne restait plus qu’à démonter la tente. Un type aux yeux bleus est venu me chercher. La dame m’a donné des vêtements propres. Un jean, un tee-shirt noir un peu trop petit pour moi et un foulard pour protéger ma tête du soleil. Il m’indique la sortie.

– Bienvenue dans les Terres de Sable.

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