Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE SALON D’UN GENTLEMAN
LE SALON D’UN GENTLEMAN

LE SALON D’UN GENTLEMAN

Pièce n°2384
Écrite par Didou
Explorée par Détective Poivre

— Eh bien. Voilà qui était des plus intéressants.

Je lisse ma moustache tandis que le monde cesse de tourner autour de moi. Je suis de retour dans un appartement pour le moins pittoresque. Dans le plus pur style du XXème siècle, son élégance fait honneur au bon goût du propriétaire. Une tapisserie d’un rouge pâle orne les murs. La même couleur se retrouve sur l’épais tapis couvrant une bonne moitié de l’appartement ainsi que des motifs en spirale d’un blanc passé.

Pour le reste, la pièce est un véritable trésor d’objets hétéroclites : un violon côtoie des armes à feu dont la poudre, étalée un peu partout sur un vieux boudoir, laisse supposer une utilisation récente, des seringues sont dissimulées sous des tas impressionnants de journaux et une collection de pipes s’entasse près d’une réserve à tabac au moins aussi fabuleuse.

— Le salon d’un parfait gentleman, j’approuve.

— Bien d’accord avec toi, Partenaire ! confirme Cracotte en renversant le cadre photo d’une tête de mort et en accrochant amoureusement son masque de carotte à la place. Absolument parfait.

Je retiens avec peine un soupir et secoue la tête. Parce qu’il serait dommage de gâcher, je ramasse une pipe, la bourre de tabac et cherche du regard de quoi l’allumer. Un cri de joie m’échappe lorsque mes yeux se posent sur une boite d’allumettes.

— Le raffinement des plus grands.

— Et ça, Partenaire ? C’est plutôt joli, non ?

— C’est…

Une bouffée de jalousie m’empêche de terminer ma phrase. Je me mords les lèvres, prends une profonde inspiration et parviens finalement à avouer :

— Hum. Ce béret fait de vous un gentleman, Partenaire.

— C’est vrai ? C’est vrai ?

Cracotte rosit de plaisir et fait un bond qui manque de lui faire heurter le plafond. Incapable de tenir en place, il fonce vers un miroir avant de rajuster son béret.

— Tiens ? Il y a une fleur là.

Il passe sa patte sur le couvre-chef pour chasser la plante mais celle-ci tient bon. Un second passage n’y change rien et je vois les moustaches de Cracotte frétiller. Il retire son béret, mordille la fleur, l’aplatit, la griffe, sans guère de succès. Celle-ci retrouve chaque fois sa position initiale. Tant et si bien que Cracotte finit par céder. Il remet son béret et m’adresse un large sourire.

— Bah tant pis. Ça donne un charme, hein ?

— Pourquoi faut-il toujours que vous gâchiez tout ?

— Partenaire ?

— Venez, je lui ordonne en faisant claquer ma canne sur le parquet et en quittant le salon. Nous allons arranger ça.

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Un commentaire

  1. Le retour de Détective Poivre et Cracotte, quel plaisir ! Je suis impressionnée de voir Poivre faire un compliment premier degré à Cracotte. Que lui arrive-t-il ?
    L’image de Cracotte avec un béret fleur sur la tête me réjouit au plus au point ! En espérant que celui ci ne lui joue pas de mauvais tour…

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