Pièce n°2106
Écrite par Harry Queaut
Explorée par Phaene
Pièce du Casteltober 2025 - Jour 24 : ver
[APPARTÉ DE VOTRE DÉVOUÉ H. QUEAUT : LE TEXTE SUIVANT CONTIENT UNE DESCRIPTION DE TRUCS UN PEU DÉGUEU, PRINCIPALEMENT AYANT TRAIT AUX YEUX DE NOTRE PROTAGONISTE. SI CE GENRE DE CHOSE N’EST PAS VOTRE TASSE DE THÉ, EVITEZ PEUT-ÊTRE CE TEXTE
LA DESCRIPTION DES TRUCS DEGUEUS COMMENCE APRES LE RAPPORT OFFICIEL DE PHAENE]
Après ma découverte du VESTIBULE DES RONGEURS, j’ai erré quelque peu le long du mur noir avant d’entrer par la première porte que j’ai remarqué. J’ai erré encore un peu plus et j’ai finalement trouvé une pièce qui me semblait vide de toutes choses.
Suit ici la description de ladite pièce : sorte de grand salon de réception rectangulaire, dont le côté par lequel je suis entrée était le petit côté. Genre de salle qu’on imagine quand les histoires pour enfants parlent de salle de bal. La lumière provenait, si on en croit les ombres, du plafond, lequel était lui-même une espèce de glace déformante, puisque le plafond avait beau être très haut, il était possible de s’y voir comme si on était nez à nez avec un miroir. Les murs étaient beiges, peints, et le sol était d’un parquet à motifs assez simples. Je n’ai remarqué que lorsque j’ai eu fini de m’installer pour la nuit que chaque fenêtres, qui étaient toutes dans le mur parallèle à celui par lequel je suis entrée, donnaient toutes à voir un paysage très différent, autant au niveau du climat, de ce qui y était montré ou de l’heure de la journée. Après avoir testé la pièce (sans rien vraiment à signaler, à part les fenêtres et plafond déjà décrits), j’ai décidé de m’y endormir pour la nuit. A mon réveil, j’ai pu me rendre compte que les vues données par les fenêtres avaient apparemment avancé de six heures chacunes, temps que j’avais passé à dormir si ma montre peut toujours être crue. J’ai décidé de tenter de sortir par une des fenêtres et ai déplié mon échelle, mais il m’a fallu reconnaître, une fois que je fus arrivée au sommet, qu’elles semblaient ne s’être pas rapprochées d’un poil.
Je mentionnerais enfin avoir eu un cauchemar, dont les caractéristiques (si ce n’est le réalisme) ne méritent probablement pas d’être consignées dans un quelconque rapport. La peur que ce mauvais rêve aura fait naître en moi doit cependant être mentionnée puisqu’elle aura une incidence sur mon exploration : au lieu de passer une journée de plus dans ce bâtiment pour déterminer si la pièce ou la structure plus large sont à blâmer dans la création du cauchemar – voir même si aucun des deux n’a quoi que ce soit à voir là-dedans – je suis trop réticente à l’idée de revivre l’expérience et compte bien mettre le plus de distance possible entre moi et cet endroit.
JOUR 5 : DECOUVERTE DEUXIEME – LA PIECE OU J’AI FAIT UN CAUCHEMAR.
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Maman,
Je sais que je ne suis pas censée utiliser les automates pour autre chose que pour envoyer mes rapports sur mes découvertes. Je sais. Mais ça n’est pas tout à fait en gâcher un si je joins un rapport, aussi brouillon soit-il, à ma lettre, si ? Tu le trouveras sur l’autre feuille, et je te laisse le transmettre à notre bon conseil des découvrateurs-ices.
Déjà, j’espère que vous allez bien, que tout va pour le mieux pour tout le monde. Ensuite, j’espère que les automates retrouvent leur chemin, qu’ils mènent leur mission à bien, comme j’essaye de mener la mienne à bien. J’espère que les rapports que j’ai déjà envoyés, et surtout ceux que j’enverrai ensuite vous serviront à quelque chose. Je n’abandonne pas l’idée d’une carte temporifiée, ni l’espoir que la comparaison des données sur le long terme permettrait de déterminer des motifs quant aux modifications de l’agencement de l’espace. Est-ce que Lulel est déjà parti ? Je sais que son début d’expédition était prévu pour quelque semaines après le mien, donc si ça n’est pas encore fait, ça ne devrait pas trop tarder. Si tu reçois cette lettre avant son départ, rappelle lui toute mon affection, et tous mes vœux de bonne chance.
Maman, si je plie la règle qui dit que je ne suis pas censée vous contacter directement et n’envoyer rien d’autre que mes rapports – crois moi, je ne l’ai pas oublié, j’ai toujours le manuscrit des règles que vous m’avez offert avant de partir – c’est parce que j’ai eu très peur.
Après vous avoir envoyé mon rapport précédent, j’ai erré un peu le long du mur noir et suis rentrée par la première porte que j’ai trouvé. J’ai erré un peu plus à l’intérieur et puis finalement, j’ai trouvé une pièce qui m’a semblé vide. Je l’ai testée de partout, bien sûr, pour m’assurer qu’elle ne m’appellerait pas dans mon sommeil, puis j’ai préparé mon pseudo-campement pour la nuit, j’ai mangé, je suis allé dormir. Jusque là, rien d’anormal.
J’ai été réveillée par une démangeaison au niveau de ma joue droite, presque sous mon œil, presque instantanément je me suis machinalement frotté l’œil avec le dos de ma main. Et puis c’est monté, j’avais l’impression que c’était vraiment derrière mon œil, dans mon globe oculaire presque ! C’est devenu de plus en plus intense aussi. C’était horrible, je ne pouvais pas penser à autre chose, je ne pouvais pas percevoir autre chose que cette démangeaison, et puis d’un coup, avec mes ongles, je me suis mise à me gratter la cornée, sans y penser. Et puis même si ça faisait mal, ça me soulageait aussi, et comme c’était inimaginable d’abandonner ce soulagement, j’ai continué à gratter, même si je sentais que mon œil se craquelait sous mes doigts. A un moment, je ne sais pas quand exactement, j’ai levé le regard vers le plafond, dont j’avais noté hier qu’il était fait d’une grande glace dans laquelle, même si le plafond était haut, je pouvais me voir comme si j’étais nez à nez avec un miroir, tu vois ce que je veux dire ? A ce moment-là, je me suis vue, avec mon œil presque écrabouillé entre mes doigts, qui grattaient toujours, et le sang et autres liquides qui s’écoulaient sur ma joue. Tout était si… tordu ? Comme si la réalité elle même s’était distendue, rien n’était à sa place, rien n’était ce qu’il était censé être, personne n’est censé voir ses propres doigts enfoncés dans son propre œil, c’était trop horrible pour être vrai, peut-être que tu peux imaginer la sensation ? Je crois d’ailleurs que c’est à ce moment là que je me suis mise à hurler, même s’il m’a fallu un moment pour comprendre que c’était de moi que venait le son. Et c’est après que je me sois rendue compte que c’était moi qui criait que j’ai vu quelque chose d’encore plus troublant que tout le reste : du mouvement, sous mon œil ruiné.
Je les ai vu avant de les sentir contre le bout de mes doigts, mais un fois que j’en ai été sûre, il n’y avait plus de doute. Des vers, maman, des asticots, qui ont commencé à grouiller, à grignoter les lambeaux de mon œil cassé. La plus affreuse de toutes les sensations, la plus marquante aussi, c’était à quel point ils me chatouillaient – j’ai du mal à m’en souvenir sans haut le cœur. Ils ont commencé en petit nombre mais sont rapidement devenus tellement nombreux qu’ils débordaient de ma cavité oculaire, et ont commencé à descendre le long de ma joue, me laissant tranquille et ne mangeant (n’absorbant) que les morceaux, le sang et les autres liquides qui avaient fait partie de mon œil. Tu sais la pire impression qu’il me reste ? Après la démangeaison, sur le moment, c’était presque un soulageme
J’ai dû arrêter d’écrire (j’en ai profité pour remballer mes affaires), la nausée était trop forte et je n’ai pas assez de volonté pour finir le paragraphe, je te laisse imaginer.
Enfin, tout ça c’est arrêté, et je me suis réveillée à nouveau. Je criais toujours, et ma voix était éraillée comme si j’avais crié tout aussi longtemps que je m’en souvenais, mais il semblait que j’avais fait un cauchemar, n’est-ce pas ? J’étais haletante, je criais et j’avais crié sans me réveiller moi-même, j’étais trempée de sueur mais c’était juste un cauchemar, n’est-ce pas ? Mais Maman… Maman, je me suis regardée, dans la glace au plafond, puisque j’avais l’impression de m’y voir comme si j’étais nez à nez avec un miroir, et je n’ai plus d’iris. Quand je me regarde, mon oeil droit a toujours sa partie blanche, qui a l’air assez normale, à ceci près qu’elle révèle un peu trop de vaisseaux sanguins (manque de sommeil), mais là où devraient être, de manière distinguable, mon iris et ma pupille, il y a une espèce de trou, sombre, en ce qu’il est une… complète absence de lumière ? Je crois, attends Je viens de vérifier en essayant de toucher cette absence de lumière avec ma plume. Maman, ma pupille et mon iris sont un ensemble qui semble être creux, un vide complet. Je n’ai rien senti, ni au niveau de mon œil, ni aucune résistance de la main qui tenait la plume. Tu sais à qui ça me fait penser ? Est-ce que, pour moi, tu voudrais bien lui demander l’histoire de son œil à elle ? Je sais qu’il n’y a que très peu de chance que je l’apprenne un jour mais l’idée que toi tu saurais m’apporte au moins un peu de réconfort, dans un moment où seule la Lune pourrait peut-être imaginer à quel point j’en ai besoin.
Je t’aime, Maman, j’aimerais que tu sois là, maintenant tout de suite, je suis désolée de mettre en péril ton rôle de rapportière par cette lettre, mais je crois que je ne pourrais pas continuer mon expédition si je ne l’envoyais pas.
Embrasse Paman et Papa pour moi,
Phaene
Whaaa, tu as eu raison de prévenir au début, c’est gore :/
J’aime bien l’idée de séparer la pièce en deux comme ça, la description des lieux est super bien détaillée du coup. Et comme le mentionne Naj, ton texte ouvre beaucoup de possibilités et questionne beaucoup. Je suis curieux de découvrir ce qu’il s’est vraiment passé avec cette pupille qui sonne désormais creuse.
Omg, alors, outre la description gore, je suis hyper enthousiasmée par toutes les portes qu’ouvrent cette pièce ! Entre le concept d’automate (et l’idée qu’il y en aurait plusieurs), le fait qu’il semble exister une nouvelle organisation dans le Château et ce phénomène de disparition de pupille à la fois très gore et très classe, il y a tellement de choses à explorer ! Bravo d’avoir, semble-t-il, déjà beaucoup réfléchi au lore que tu veux développer, c’est impressionnant pour une deuxième pièce.