Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA SALLE OÙ HURLE LE HARD-ROCK
LA SALLE OÙ HURLE LE HARD-ROCK

LA SALLE OÙ HURLE LE HARD-ROCK

Pièce n°2116
Écrite par Didou
Explorée par Détective Poivre

Pièce du Casteltober 2025 - Jour 27 : âme

— Excellent, dis-je en inspectant la pièce. Vraiment excellent. EH OH !

Cracotte sursaute face à ma soudaine exclamation tandis que je tends l’oreille pour juger de l’acoustique. Un sourire étire alors mes lèvres et avant que Cracotte n’ait pu m’interroger, je tends la main dans sa direction.

— Mon brave, votre coquillage, s’il vous plait.

— Hein ? Mais pour quoi faire ?

— Un appât.

Cracotte me dévisage sans bouger. Je lui rends son regard, essayant tout à la fois de me montrer persuasif, sévère, impatient. Rien n’y fait. Je pousse alors un long soupir et ses oreilles se dressent de plaisir quand j’explique :

— Je crois qu’il ne s’agit pas d’un simple coquillage. Mais plutôt d’un micro espion.

— Un micro-espion ? s’empresse de répéter Cracotte en sortant le coquillage de sa poche.

Il l’ouvre, l’observe avec suspicion sous tous les angles puis secoue la tête.

— Tu te trompes partenaire. C’est juste un coquillage.

— C’est une possibilité, j’avoue sans y croire. L’autre c’est qu’une dangereuse criminelle nous écoute depuis tout ce temps. À ma défense, mon brave, il s’agit de l’unique raison pour laquelle je vous ai éloigné de moi dans cette église. Passons, j’enchaine comme le lapin manque bondir au plafond. Mon idée est que si nous ne pouvons aller à elle, elle viendra à nous. Et pour cela…

Je m’empare d’une télécommande posée sur une table, allume l’écran qui lui fait face et joue un instant avec les paramètres avant que ne hurle une musique de hard-rock assez fort pour vous briser l’âme.

— Une musique qui ne sied pas à un gentleman, j’explique sans élever la voix, ce qui rend mes mots incompréhensibles pour Cracotte.

Maigre vengeance pour m’avoir fait perdre mon temps, j’en ai conscience, mais il en va de mes principes.

— Notre criminelle a le choix, je continue. Devenir sourde. Devenir folle. Ou venir nous tuer et couper la musique.

Joignant le geste à la parole, j’éteins la télé juste au moment où trois coups sont frappés à la porte.

— Entrez !

Un homme en costume de serveur, au teint pâle et à la peau décharnée se présente et incline trois plateaux vers nous.

— Ohoh, qu’avons-nous là ?

Ravi, je soulève le couvercle du premier plateau et frisonne de plaisir en y découvrant un chapeau semblable à mon précédent.

— L’élégance est l’apanage des détectives, je lance en le coiffant sur ma tête.

Je récupère ensuite le contenu du deuxième : le nécessaire pour écrire, une corde et une cloche et laisse les carottes du troisième à Cracotte.

Celui-ci ne semble toutefois pas vouloir y toucher et attends que le serveur sorte pour me souffler :

— Je veux pas te faire peur, partenaire. Mais mes superbes capacités d’observation me disent que ce type est un zombie.

— Hum. C’est la norme ici.

— Oh. Tout va bien alors. Tout va très bien.

La façon dont il s’empare d’une carotte et la grignote me prouve le contraire mais je choisis de ne pas m’y attarder.

À la place, je me dirige vers le mur du fond et manque provoquer un arrêt cardiaque à Cracotte en y marchant à l’horizontale.

— Pa-pa-partenaire ? Tu… je… comment…

De toute évidence, le lapin n’a jamais vu de pièce double.

— La salle du plafond et du sol ne sont pas les mêmes, j’explique. Attends-moi ici. Je vais vérifier que tout est conforme à nos attentes là-haut puis nous terminerons de mettre en place notre appât.

Tandis qu’il pousse un cri stupéfait, je poursuis mon avancée et, arrivé au milieu du mur, je disparais à sa vue, comme volatilisé, pour rejoindre la seconde pièce.

<< < Détective Poivre > >>

Partager...

Un commentaire

  1. Purée ça c’est de la pièce. Je n’avais jamais pensé à une telle technique pour nuire à Théomance ! Et le qualificatif « micro-espion » est assez décalé… et très vrai.
    Idem, le concept de pièce double est hyper intéressant et questionnable en terme d’unité des espaces. Ca ressemble un peu je trouve aux pièces de certains commissariats avec les miroirs sans tain !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *