Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE CHAMP DE CAROTTES OÙ TOUT REDEVIENT NORMAL
LE CHAMP DE CAROTTES OÙ TOUT REDEVIENT NORMAL

LE CHAMP DE CAROTTES OÙ TOUT REDEVIENT NORMAL

Pièce n°2389
Écrite par Didou
Explorée par Sora

Plic.

Une goutte rouge tombe sur le sol.

Plic. Plic. Plic.

Il me faut encore un moment pour comprendre que ça vient de moi. J’essuie mon menton avec ma manche et puis je tire la langue jusqu’à sous mon nez. C’est salé. Chaud aussi. Un tout petit instant, je crois que ce sont des larmes mais c’est pas possible parce que personne pleure du nez. Je regoûte encore une fois, réessuie mon menton comme ça continue de couler et c’est que là que j’ai l’élum… l’illuna… la lumière.

Du sang.

Les tiens sont si fragiles, jeune humain.

Je sens une chaleur sur mon visage et d’un coup, quand je repasse ma langue sur mes lèvres, il y a plus aucun goût de sang. C’est un peu dommage, j’aimais bien moi, même si je crois que maman et papa ils auraient pas voulu que je continue. Tant pis. Je lève mes épaules et puis je regarde autour de moi. Le monstre, il nous a emmené dans un hyper grand champ. Il y a plein de rangées de plantes vertes, au moins jusqu’à l’infini, et c’est que quand je vois le petit bout orange qui en dépasse que je comprends que ce sont des carottes.

Lapinou, ce serait le plus heureux ici.

Il est là-bas, me dit le monstre.

Ça commence à vraiment m’énerver qu’il sache mes pensées, je veux pas qu’on entre dans ma tête moi mais j’ai pas encore trouvé comment le bloquer. Et puis pour l’instant, je suis juste super content de revoir Lapinou.

— Lapinou !

Il est trop occupé à manger, il se tourne même pas vers moi quand je l’appelle. Par contre, ses oreilles, elles se lèvent au-dessus de sa tête et quand j’arrive à côté de lui, il arrête soudain de bouger. Il y a ses oreilles qui tremblent un peu, c’est rigolo.

— Lapinou !

Je m’approche encore d’un pas. Lapinou, il accepte enfin de me regarder. Sauf qu’il me reconnait pas. Tout son petit corps tremble. Il penche sa tête sur le côté et comme je fais un pas de plus, il s’en va en courant.

— Lapinou !

Mon petit cœur, il me fait super mal mais c’est encore pire quand le monstre, il parle dans ma tête.

Un lapin qui parle est contraire aux règles établies dans le monde. Ainsi, j’ai rétabli l’équilibre. Lapin il était, lapin il est redevenu.

Ma poitrine, elle explose. Et moi, je hurle de douleur.

J’ai jamais eu aussi mal. Jamais jamais. Tellement que je pourrais être mort. Peut-être que je vais aller dans le ciel. Comme ça au moins, je pourrais voir papa et maman depuis les nuages. Lapinou aussi.

Ça monte en moi. Il y a quelque chose qui change. J’ai toujours aussi mal mais maintenant je veux plus que ça parte. Je veux que le monstre, il ait mal aussi.

Mes petites mains font un poing. Je lève les yeux vers lui, les dents serrées si fort que je crois qu’elles vont exploser.

Qu’est-ce que cette colère qui t’anime ? Es-tu donc incapable de faire preuve de la moindre intelligence et de comprendre combien ton désir est vain ?

— Lapinou, c’est mon ami.

Je sais pas trop comment j’arrive à parler. Peut-être que c’est pas vraiment moi. Peut-être que c’est un peu comme un superpouvoir, qu’il y a quelqu’un de super fort qui dort en moi et qui se réveille quand je suis pas content.

Un ami ? Combien l’existence des humains est-elle devenue ridicule pour qu’un simple animal…

Mais j’écoute plus du tout. En moi, il y a que des cris et puis aussi des images qui doivent faire peur au monstre parce qu’il recule de trois pas. Les cerceaux autour de lui, ils tournent plus vite, hyper vite, tellement que ça lui fait un bouclier comme quand les ninjas ils font tourner leurs épées pour arrêter les balles.

C’est peut-être ça qui fait que j’ai l’idée.

Je mets ma main dans ma poche et puis je la sors et je me mets en position pour faire un super lancer.

— Fais plus jamais mal à mes amis !

La perle, elle file méga vite. Je savais même pas que j’avais autant de force, on dirait une balle de pistolet, une vraie de vraie. Elle explose les boucliers du monstre et puis elle le touche, lui. Il hurle dans ma tête. Ça me rend un peu triste pour lui mais il avait qu’à pas toucher Lapinou.

— Même que c’est bien fait ! je crie en lui tirant la langue.

La perle, elle est revenue vers moi. J’hésite à la lancer une deuxième fois mais je crois que maman, elle dirait que c’est bon, que le monstre, il a compris. Alors je récupère juste la perle et je pars en courant là où Lapinou il est allé.

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3 commentaires

  1. Oh mais wow je crois que j’ai raté des épisodes il va falloir que je rattrape tout ça ! En attendant de savoir qui est ce méchant monstre qui traumatise les enfants et les lapins, je peux en tout cas te dire que cette pièce et très immersive et impressionnante. Le style correspond vraiment bien à Sora, c’est fort de sentir les ressources qu’il puise en lui pour protéger Lapinou et c’est on ne peut plus intéressant de découvrir le pouvoir des perles entre les mains du fils de Théomance…
    J’adore le dernier paragraphe et l’idée que maman dirait que c’est bon, le monstre il a compris 😀

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