Pièce n°2366
Écrite par Didou
Explorée par Sora
Le sol, il est froid. J’ouvre les yeux avec ma tête qui fait encore bobo et me mets debout. C’est moche ici. Il fait noir, il y a de la poussière partout et en plus, ça sent même pas bon.
C’est que je n’ai pas souvent de visiteurs. Est-ce que ceci est plus à ton goût ?
— Ah !
La pièce, elle change ! D’un coup, il y a de la lumière et puis des fleurs sur le sol, des jaunes, des bleues, des rouges, tout plein plein et même que maintenant, il y a la même odeur que le jardin de la maison.
— C’est ton superpouvo…
Je peux pas finir ma phrase. Un monstre, un vrai de vrai, me regarde quand je me retourne. Il est super méga grand. On dirait un petit peu un chien parce qu’il est sur quatre pattes mais je connais aucun chien qui a un bouclier devant la bouche, qui est tellement blanc que ça fait mal aux yeux et qui a des cerceaux de toutes les couleurs qui tournent autour de lui.
— T’es… tu es… tu…
Je tombe sur les fesses tellement j’ai peur puis j’essaie de m’enfuir mais mes petites jambes, elles veulent pas. Je crois qu’elles ont encore plus peur que moi. C’est normal, le monstre, c’est peut-être le monstre qui était sous mon lit. Mes jambes, elles savaient que si elles dépassaient de la couverture, il les aurait mangées. Là, il y a même plus de couverture pour me protéger.
Voilà qui est fâcheux. Tu me confonds avec un autre, jeune humain.
Ah ! Il peut lire dans ma tête ! Je mets mes mains contre mes oreilles et je ferme fort les yeux pour qu’il y arrive plus mais ça sert à rien.
Je ne te veux aucun mal, jeune humain.
Même pas que c’est vrai. Il veut me manger c’est sûr. Et alors je reverrai plus jamais papa et maman, je pourrai pas leur raconter mes histoires et Lapinou, il sera tout seul aussi et…
J’ouvre les yeux. C’est pas facile de voir parce qu’il y a plein de larmes devant mais je me force quand même.
— Lap…
C’est dur de parler. Peut-être que les larmes, elles sont aussi dans ma gorge.
— Lapinou. Où il est ? Qu’est-ce que tu lui as fait ?
L’être encore plus petit qui t’accompagne ? Il…
— Je veux le voir !
Nul ne donne d’ordres ici, jeune humain.
La voix du monstre, elle est si puissante qu’elle me fait trembler tout entier avec la pièce. Mes dents, elles arrivent plus à s’arrêter et du coup c’est un peu difficile pour parler mais j’essaie quand même :
— Je… je veux le voir. S’il vous plaît.
Le monstre, il hésite mais finalement il secoue sa tête et puis lève sa patte.
Accroche-toi.
Juste après, il frappe le sol et tout s’écroule.