Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE CONDUIT D’AÉRATION DU COULOIR OÙ J’AI POURSUIVI DES HÉROS
LE CONDUIT D’AÉRATION DU COULOIR OÙ J’AI POURSUIVI DES HÉROS

LE CONDUIT D’AÉRATION DU COULOIR OÙ J’AI POURSUIVI DES HÉROS

Pièce n°2373
Écrite par Flominou
Explorée par Nougat
Fait partie de la saga << < Nougalthazar

Tout a commencé chez le vétérinaire, ce monstre ignoble. Baba – sale traître sans cœur – m’avait livré à lui. Malgré la trahison, j’étais prêt : je m’apprêtais à feindre une morsure sur son bras pour le prendre par surprise et, au final, lui mordre le nez ! C’est une technique que j’ai pu éprouver avec le précédent vétérinaire. Malheureusement pour moi, ce spécimen était plus aguerri que le dernier. Il a tout de suite vu la feinte et m’a violemment plaqué contre la table en m’attrapant par le cou. J’ai eu beau me débattre dans tous les sens, pas moyen de s’extraire de cette poigne de fer. Après quelques minutes de résistance vaine, j’ai décidé de patienter jusqu’à ce qu’une opportunité se présente. Il faut dire que je commençais à fatiguer à force de me débattre.

Et une opportunité s’est bien présentée. Pas celle attendue mais tout de même la bienvenue.

Soudain, une explosion a détruit la porte du cabinet. Mon pauvre Baba se trouvait justement entre nous – moi et le monstre – et la porte. Il nous a vaillamment protégé avec son corps. Surpris, le vétérinaire a relâché sa prise sur moi. J’en ai profité pour fuir ! Le vétérinaire – ou Baba ? Peut-être Baba mais à ce moment-là, pour moi, ils étaient tous les deux dans le même camp donc ça ne change rien – a tenté de me rattraper. Je l’ai évité et je me suis enfui de l’autre côté de la pièce. J’ai sauté sur les meubles et j’ai repéré une cachette : le conduit d’aération. Je m’y suis faufilé.

Maintenant, je peux voir le cabinet et tout ce qui s’y passe à travers la grille. Trois humains avec des habits tout noirs sont en train de tabasser le vétérinaire pendant que mon Baba pleure sous la table en gémissant comme un petit chiot. Il est vraiment pitoyable, mon humain. Les hommes sortent des couteaux et achèvent le véto.

Des héros. J’ai rencontré des héros. Ou alors, ce sont peut-être des justiciers. Ils ont peut-être pour mission de tuer l’ensemble des vétérinaires du Château ? Je veux être des leurs !

Ils quittent la pièce. Il faut que je les suive. Je les suis depuis les conduits d’aération, dans le plafond. Ils sortent du cabinet et courent dans un long couloir d’hôpital. Au bout de quelques minutes, le premier s’arrête :

– C’est bon, on est assez loin. Roubaix, retrouve le passage le plus proche vers le QG. Vierzon, vérifie ta caméra embarquée, tu as bien tout filmé ?

– Oui, tout est dans la boîte ! C’est le patron qui va être content ! Dis Saint-Étienne, tu as pensé à récupérer la plaque ? La dernière fois, on a passé un sale quart d’heure quand Charleville-Mézières a oublié celle de la dernière cible…

– Pauvre Charleville-Mézières, le boss n’y a pas été de main morte avec lui.

– Paix à son âme…

Je ne trouve pas ça très stylé d’avoir donné des noms de villes claquées au sol aux agents secrets. En plus d’être un véritable fashion faux pas, c’est limite un manque de professionnalisme de leur part. S’ils veulent me recruter, il va falloir faire une dérogation à cette règle. S’appeler Saint-Étienne, quel cauchemar. C’est le pire de tous.

– Le passage le plus proche est juste à droite au prochain tournant ! Suivez-moi.

Ils repartent en courant. Je les suis depuis mon conduit d’aération. Arrivé devant le passage – qui est en fait une simple porte –, ils l’ouvrent et s’engouffrent dedans. Je pousse la porte correspondante dans le conduit d’aération et les suis.

<< < Nougat
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