Pièce n°2360
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Balthazar
En compagnie de Nougat
Fait partie de la saga << < Nougalthazar > >>
Il y a quand même un truc bizarre dans ce château. La cabane dans laquelle nous sommes entrés était minuscule vue de l’extérieur, mais à l’intérieur ça fait la taille d’un entrepôt. C’est un gigantesque laboratoire. Les allées sont sombres, mais les plans de travail sont éclairés par des spots tellement lumineux que ça me donne la nausée. Je vois les pupilles de mon chat se rétracter et se dilater tandis qu’il regarde alternativement le sol et les tables.
Un bruissement d’ailes attire mon attention. Au plafond des passerelles permettent une circulation, même si je n’aurais pas envie de mettre les pieds là-haut. Je me rapproche d’une des tables et je retiens fermement Nougat dans mes bras : je n’ai pas envie qu’il mette le bazar ici aussi. J’ai une impression assez nette que nous ne sommes pas censés être là.
Des graphiques par centaines sont éparpillés sur la table. La rangée suivante ressemble à une distillerie clandestine (ne me demandez pas pourquoi ça ressemble à un truc clandestin, c’est juste une impression).
Je me sens un peu soulagé quand je vois ce qu’il y a dans les bocaux. Ce n’est pas une organisation criminelle ou militaire (voire les deux) ultra secrète. C’est juste le laboratoire d’une usine d’agro-alimentaire. Ils font des pickles de radis.
– Ah ! Timothée-Hector-Pascal ! Vous tombez bien !
Je sursaute et me retourne dans la précipitation. C’est un vieux monsieur à la peau fripée, dans une tenue vert sombre, qui ressemble à un vêtement de travail. Il marche vers moi très rapidement, du moins très rapidement à son échelle, parce qu’il est vraiment très vieux.
– Qu’est-ce que vous faites sans équipements ? Allez tout de suite enfiler votre blouse ! Et vous aussi, Léopold-Barnabé-Corentin ! dit-il en pointant du doigt mon chat.
Je pense que ça ne sert à rien de discuter avec les fous. Et manifestement, ici c’est une maison de fous. J’enfile l’uniforme qui trainait sur un porte-manteau et enroule Nougat dans un autre. Il est tellement mignon, comme ça. On dirait un petit bébé.
– Comment se passe la fermentation du bec mystère ? demande le vieux.
– Le quoi ? je bredouille.
– Le BEC MYSTÈRE, crie-t-il.
Il est manifestement aussi très sourd. Sa voix ressemble un peu à un cri d’oiseau. C’est assez déplaisant.
– Timothée-Hector-Pascal, je sais que vous ne travaillez avec nous que depuis huit ans, mais il faut vous mettre à la page. Pourquoi croyez-vous que nous faisons tout cela, hum ? Le bec mystère est un radis qui n’est pas anodin, puisque c’est même un super radis. Il n’en pousse qu’un parmi des milliers.
J’ai une pensée pour le radis que Nougat m’a rapporté. Se pourrait-il que mon chat ne soit pas juste un mauvais chasseur mais qu’il soit un brillant génie qui aurait trouvé le radis parmi des milliers ? Ou alors le vieux est complètement jeté.
– FAIT INCROYABLE ! s’écrit le vieux fou. Le bec mystère, quand il se sent menacé, raidit ses racines par un procédé qui est très intéressant mais vous êtes trop bête pour que je vous l’explique. Cela lui permet de se hisser hors de terre et de courir loin du danger. Son feuillage constitue un camouflage très intelligent. Trois racines dominantes deviennent alors ses jambes, car c’est bien plus stable pour lui que s’il n’en avait que deux. Une fois à l’abri du danger, ses racines rigides lui permettent de se réinsérer en terre, puis elles ramollissent et deviennent d’apparence ordinaire. Je vous ai déjà expliqué tout cela mille fois, Timothée-Hector-Pascal !
Il prend un bocal dans sa main et me montre le radis qui vire d’un vert tendre vers le cyan. Le changement est à peine perceptible, mais cela se voit.
– Évidemment, tout cela n’aurait d’intérêt que pour les amateurs de botanique, si le bec mystère n’avait pas d’autres propriétés extraordinaires ! Écoutez bien, Léopold-Barnabé-Corentin, dit-il pendant que Nougat baille ostensiblement. Après fermentation grâce à divers procédés que nous connaissons tous deux, le bec mystère devient vert puis cyan. C’est là qu’il est prêt ! Son ingestion force alors le sujet à révéler la vérité, et seulement la vérité ! Le seul inconvénient – à mon humble avis c’est le plus amusant de l’histoire mais tout le monde n’est pas d’accord – c’est qu’il parle par énigmes. C’est du moins le cas pour ce radis magique-là. À d’autres endroits du territoire Avis, le sujet répond en rappant ou en alexandrins. Certains becs mystère peuvent aussi faire tourner leurs feuilles comme des hélices d’hélicoptère pour s’enfuir devant le danger, mais leur procédé de fermentation n’est pas encore connu. Pour l’instant, tous les sujets sont morts dans d’atroces souffrances, et leur seul apaisement est certainement de savoir qu’ils sont morts pour la science et pour sa Glorieuse Plumerie Royale-
Le monologue dure très longtemps. Jean-Laurent-Paprika-Théophile (j’ai appris son nom par la suite) me confond avec l’un de ses collègues et m’emmène faire une inspection de tout le laboratoire. Heureusement, je finis par apercevoir une sortie, et profitant du fait que le vieil homme court très lentement, je jette derrière moi les uniformes et je m’enfuis avec Nougat dans mes bras.
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Whaaaatt ? Tout se regroupe ! Les Avis, Nougat, Balthazar, (Léopold-Barnabé-Corentin) ! Je ne m’attendais pas à un tel crossover en vrai. Est-ce qu’on va avoir le droit à une guerre entre Nougat et les Avis ? Ou est-ce qu’ils vont réussir à s’entendre (le cas Caroline laisse supposer que c’est pas gagné XD)
RIP Chocolatine 😢