Pièce n°1879
Écrite par Didou
Explorée par Sora
C’est trop chouette. Je sais pas trop comment mais je suis arrivé dans un cinéma. Le truc un peu moins rigolo, c’est que j’entends pas les images. Peut-être que mes oreilles ont vraiment explosé. Elles étaient là quand je les ai touchées mais je peux pas toucher mon petit cœur et il marche quand même donc je sais pas trop.
Ou alors c’est que quelqu’un a oublié de mettre le son. Ma maman, elle aimait bien regarder la télé sans son le soir, sur le canapé. Elle disait qu’y avait pas besoin de parole pour comprendre un film. Qu’un silence et le visage des héros c’était bien mieux. Mon papa et moi, on comprenait pas et on comprenait pas les films sans les voix non plus mais on avait chacun notre tête posée contre maman et chaque fois c’était génial. Encore mieux qu’au cinéma.
Aïe. Je crois que l’image a pas aimé ce que j’ai pensé parce que d’un coup, elle est devenue toute toute noire. Pareil pour la salle. J’y vois plus rien du tout.
Puis paf ! Ça devient touuut blanc. Super lumineux. Je suis obligé de fermer à moitié les yeux tellement ça me pique. C’est pas agréable.
Noir. Blanc. Noir. Blanc. Ça change ultra vite. J’ai des points qui tournent devant moi, plein de formes trop rigolotes. Elles sont toujours là quand je ferme les paupières. C’est comme si mes yeux étaient devenus un cinéma.
Ah ! Il y en a une qui ressemble à une tortue. Et là ! C’était un coquillage, le même que maman. Un oiseau ! Un bonhomme avec une patate en visage.
Je ris et je pleure en même temps. Mes yeux, ils piquent un peu pareil que ma jambe quand je la frotte sans faire exprès contre les méchantes herbes de mamie.
J’ouvre les paupières quand même et je remarque que l’écran il est redevenu noir. Il y a des noms qui s’affichent dessus, comme à la fin des films. J’aime pas cette partie-là, elle est longue et puis papa me dit toujours que c’est le moment d’aller se coucher ensuite.
Moi je veux pas aller me coucher alors je lis les noms. Il y en a un qui revient souvent et qui commence comme celui de mon copain Théo.
Il est rigolo.
Il apparaît encore deux ou trois fois mais maintenant j’en ai marre de regarder alors je me lève de mon siège et, comme un grand, je quitte le cinéma par la porte en bas.
« j’entends pas les images » Quelle poésie !