Pièce n°1907
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
La fraîcheur intérieure contraste agréablement avec la chaleur que je quitte, tandis que mes yeux s’habituent à la pénombre. Ce n’est pas tant qu’il fait sombre, il y a largement assez de lumière pour voir convenablement la pièce tout en longueur, un passage bordé de meubles qui s’alignent en plans de travail encombrés, que la différence avec l’éclairage extérieur est grande. J’avance doucement, observe l’amoncellement d’objets, reconnais principalement des produits d’entretiens, un fer à repasser, une poignée de pinces à linge, un tournevis et des boîtes à fourre-tout qui occupe agréablement les lieux. Au fond, quelque chose ronronne, chante, murmure. Un moteur qui tourne, celui d’une machine à laver qui entraîne dans sa ronde incessante les tissus colorés et détrempés. Dans la panière posée dessus, je reconnais la jupe de la danseuse, tout juste sortie, encore humide. Elle a encore de l’avance mais elle ne doit pas être loin.
— Peut-être repassera-t-elle par là pour venir la chercher ?
Le regard que me lance le lutin est éloquent. Aurais-je oublié qu’on ne peut passer deux fois par la même pièce ?
— Non, bien sûr que non, maugrée-je à voix haute avant de soupirer. Alors quoi, il me faut la rattraper ?
J’ai bien l’air de ne pas avoir le choix, comme je ne l’ai pas plus concernant ma sortie de la pièce. Je suis arrivé tout au bout de celle-ci, et il n’y a pas de porte, rien qu’un soupirail en hauteur qui donne, je le vois, au bord d’une rue qui me surplombe. Les détails me sont invisibles, à travers le verre, mais le loquet n’a pas l’air fermé, ou du moins peu solide.
— Quand faut y aller…
Redoutant que tout craque sous mon poids, je grimpe sur le plan de travail, joue du loquet qui saute sans difficulté. Mes gestes sont précautionneux pour ne pas perdre l’équilibre tandis que j’ouvre et cale le battant. Le passage est étroit, je m’y hisse, me tortille, et sors.