Pièce n°1930
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Ifa
Fait partie de la saga << < Le Cygne Gris > >>
Nous passons de l’ouverture dans la roche de la caverne à un rocher dans une forêt. C’est un endroit étrange. Des arbres immenses, peut-être des sequoias, à l’écorce d’un rose foncé, presque noir. Ils sont si grands que l’on voit à peine le ciel. Il fait nuit, mais il y a beaucoup d’étoiles qui éclairent à travers la canopée, alors il est possible de voir devant soit sur quelques dizaines de mètres. Le sol est recouvert de mousse rose. Ça sent le sous-bois, mais aussi un peu les fruits rouges. Peut-être une odeur de framboise. L’air est frais, il y a du vent. Cela me fait un peu de bien.
Le groupe a l’air d’aller un peu mieux aussi. Les villageois prennent de grandes inspirations. J’ai mal au cœur pour eux. Ils n’ont jamais connu que la paix et se retrouvent soudainement au cœur d’intrigues qui les dépassent. Moi aussi, j’ai perdu l’habitude. Je ne sais plus comment naviguer les eaux troubles. Et surtout, je ne me souviens pas. Je ne sais pas si mes quelques souvenirs ne sont que des rêves ou s’il y a du vrai dedans. Abnar sort de derrière le rocher et rejoint le reste du groupe.
– Pour l’instant, l’essentiel est d’avancer vers l’endroit où sont regroupés les Lames. Il faut mettre de la distance entre nos poursuivants et nous, dit-il.
Je n’avais pas envisagé que nous étions poursuivis. Cela me glace le sang. Pour moi, ils n’étaient que venus chercher quelque chose au village. Peut-être que ce qu’ils cherchaient n’était pas là. Peut-être qu’ils voulaient Abnar. Cela expliquerait pourquoi tous ses amis chevaliers ont disparu les uns après les autres.
Nous commençons notre progression dans la forêt. La mousse étouffe le bruit de nos pas. Abnar a l’air de savoir où il va. Je sens mon cœur battre jusque dans mes tempes. C’est désagréable. J’avais oublié l’anxiété. Le stress. La traque. Nous marchons un peu plus d’une heure dans la forêt. Les enfants commencent à fatiguer. J’en prends un dans mes bras. Je lui souffle des histoires à voix basse. J’essaye de le faire rire. J’invente un conte à propos d’une petite souris qui va à l’école des souris et veut devenir couturière. Il se détend petit à petit. J’espère qu’il ne sent pas les battements de mon cœur qui s’emballe.
– Nous sommes bientôt arrivés, souffle Abnar.
Il a la même voix calme, encourageante et bienveillante que lorsque nous étions encore au village. J’ai du mal à croire qu’il puisse être aussi détendu dans cette situation. Soit il est un très bon leader, soit c’est un excellent gourou.
Et puis je l’entends. Comme un sifflement dans l’air. D’un coup, une pluie de flèches enflammées s’abat sur la forêt. Les arbres s’embrasent presque immédiatement. Nos poursuivants nous ont rattrapés. Nous avons peut-être une centaine de mètres d’avance sur eux. J’ai l’impression de reconnaître le mode opératoire.
Les villageois crient. Avec la fumée, les attaquants ont du mal à nous voir, mais les bruits les aident à nous repérer. Les flèches fusent. Je vois plusieurs personnes tomber. Abnar empoigne un enfant et commence à courir. Quelques autres en font de même. Je les suis. Le chef nous emmène derrière un sequoia tombé. Nous nous abritons derrière un instant. Nous ne sommes plus que cinq.
L’odeur de la fumée me donne mal à la tête. J’ai l’impression de me rappeler de quelque chose. Plus je me concentre sur mes souvenirs et plus j’ai mal. Je n’entends presque plus le crépitement des flammes ni les cris de nos poursuivants qui n’essayent même plus d’être discrets.
– Ifa ! Ifa !
Abnar me secoue le bras. Je reviens à la réalité. Une flèche s’abat à quelques mètres de nous. Je plaque ma main sur la bouche de l’enfant que je tiens pour étouffer son hurlement.
– Après ? je demande.
– Vous voyez les rochers là-bas ?
Il pointe du doigt un groupe de rochers, probablement en quartz rose. Ils brillent un peu sous les étoiles. Il y a moins d’arbres à cet endroit-là. Absorbée par la course, je ne les avais même pas vus.
– Je vais créer un portail, il vous suffira de poser votre main sur l’un d’entre eux. A mon signal, courez !
La fumée me fait pleurer. Je ne vois plus vraiment devant moi, mais je hoche la tête. Abnar commence à marmonner quelque chose, pendant que les attaquants nous cherchent. On n’entend plus grand-chose, à part les flammes. Moi, je n’entends que mon cœur. Après ce qui me semble être une éternité, Abnar nous fait signe, et je cours.
Ils nous ont vu. Une flèche fuse, quelqu’un tombe. Je touche l’un des rochers, le plus proche, et je sens la magie m’emporter.
La lavande me manque tellement.
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Très bon leader ou excellent gourou… Ou les deux? Cet Abnar est intriguant, le passé d’Aifé aussi
Mais ils sont juste horrible leurs poursuivants TT_TT
Et j’ai beau m’attendre à un coup fourré de Abnar, il tente quand même de protéger son groupe :/
Hey ! On dirait que le tag pour l’exploratrice n’est pas passé quand j’ai publié la pièce. Est-ce qu’un administrateur peut le rajouter s’il vous plaît ? C’est « Aifé ». Merci beaucoup d’avance et désolée du dérangement ^^’