Pièce n°1946
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
La première chose que je vois en entrant est un immense bouquet de fleurs jaunes dans un vase au long cou élancé. Il captive mon attention si brusquement que toute considération pour l’intrusion que je viens d’effectuer s’efface de mon esprit. Je m’avance sur le carrelage, impeccable et pourtant bien moins lumineux que le bouquet, m’approche du guéridon sur lequel il est posé. Il faut dire que ce dernier semble capter toute la lumière dans le vestibule, alors qu’aucun éclairage n’est visible. Les pétales dorés, vifs, brillent, scintillent, plus je me penche vers eux. Ils vibrent presque, emplissant l’air d’un vombrissement diffus. Je sursaute, comme piqué, et bondit en arrière quand le son mue jusqu’à devenir murmure. Le cœur battant et le souffle coupé, je recule sans quitter le bouquet des yeux. Mais maintenant que je me suis éloigné, je n’entends plus rien, même si je ne suis pas rassuré pour autant.
Résistant à la tentation de replonger dans la contemplation du bouquet dès que mes yeux passent dessus, je tourne sur moi-même et prends enfin la peine observer là où je suis. La pièce est d’une banalité affligeante face à la beauté du bouquet, et elle est surtout déserte, à se demander qui ou qu’est-ce qui a bien pu m’ouvrir la porte. À l’opposé de cette dernière, il y en a une autre, pas tout à fait fermée. Et tandis que je la regarde, je réalise qu’un air de musique ténu s’en échappe. Les notes sont étouffées, comme si elles avaient dû franchir plusieurs épaisseurs de murs pour me parvenir. Sitôt que je les entends, la silhouette de la danseuse se dessine devant moi en réminiscence. Sans perdre de temps, je m’engage dans l’ouverture.