Pièce n°1943
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
Encore. Je sais que c’est mon esprit qui me joue des tours, mais j’ai l’impression qu’il est plus petit que les précédents, plus exigu, plus étouffant. Le papier peint est plus sale, plus triste, plus déchiré, plus terne. La lumière, plus vacillante, ses grésillements plus intenses. Les tuyauteries plus vétustes, plus rouillées. Le parquet usé grince plus fort, les tâches d’humidité s’étalent, plus larges, plus poisseuses. Les marches pour partir sont plus raides, plongés dans une pénombre plus obscure. Même l’air me semble plus rance, plus renfermé. Comme si j’étais sous terre. Comme si j’étais descendu trop bas et que je ne devais jamais remonter. Comme s’il était trop tard et que c’était la fin. Mes pensées murmurent en une spirale oppressante dans laquelle je m’enfonce lentement. Inexorablement.
Un son incongru traverse le brouillard toxique qui m’étouffe. Un tintinabullement. Je cligne des yeux, relève la tête, à terre sans m’être rendu compte que mes jambes m’avaient lâché. Ce n’est pas le bruit du grelot du lutin, mais celui de la sonnette de la porte en face de moi. Le lutin y est accroché de toutes ses forces dans une sonnerie ininterrompu. Quand il s’aperçoit que je le regarde, il se laisse glisser au sol et me regarde, les poings sur les hanches. Même si les lieux sont toujours terriblement angoissant, mes pensées s’éclaircissent quelque peu.
— Me… merci. Et… désolé…
Je suis incapable de dire si le mouvement de sa tête qui se prolonge jusqu’au bout de sa capuche est approbateur ou désapprobateur. Il attend que je me relève, ramassant au passage la boîte à musique et les déchets que j’ai lâchés, pour sauter rejoindre l’abri de ma poche. Se passe alors quelque chose d’incongru et, pourtant, étonnamment prévisible. La porte à laquelle le lutin a sonné s’ouvre.